{"id":8508,"date":"2025-04-01T07:29:09","date_gmt":"2025-04-01T07:29:09","guid":{"rendered":"https:\/\/legsedition.net\/public\/?p=8508"},"modified":"2025-12-28T20:20:55","modified_gmt":"2025-12-28T20:20:55","slug":"editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/","title":{"rendered":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Les questionnements et r\u00e9flexions autour de la fiction ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0Ils sont tout \u00e0 la fois d\u2019une r\u00e9currence et d\u2019une grande pertinence par leur mani\u00e8re de remuer le champ fictionnel en vue de trouver des approches d\u00e9finitionnelles capables d\u2019amener vers un corpus de textes offrant une tentative de d\u00e9finition de la notion, sans pour autant l\u2019enfermer dans une case. Quoique longtemps r\u00e9p\u00e9t\u00e9s dans l\u2019histoire occidentale, ces probl\u00e9matiques autour de la fiction restent judicieuses dans les litt\u00e9ratures contemporaines aussi bien dans les litt\u00e9ratures postcoloniales car elles cr\u00e9ent, d\u2019une certaine mani\u00e8re, la base m\u00eame de l\u2019existence et du raisonnement autour de son art et son esth\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, la majorit\u00e9 de ces interrogations li\u00e9es \u00e0 la probl\u00e9matique de la fiction ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 pos\u00e9es d\u00e8s l\u2019Antiquit\u00e9 grecque par Aristote dans la <em>Po\u00e9tique<\/em><sup><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/sup> et Platon dans <em>La R\u00e9publique<\/em><sup><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/sup> sous plusieurs angles et reprises par leurs contemporains en vue de creuser l\u2019univers \u00e9nigmatique qu\u2019elle repr\u00e9sente. Des si\u00e8cles plus tard, d\u2019autres th\u00e9oriciens sont revenus sur ces questions pour mieux les approfondir, et parmi lesquels on pourrait citer (sans exhaustivit\u00e9) Thomas Pavel, Tzvetan Todorov, Jean-Marie Schaeffer, Roland Barthes, G\u00e9rard Genette, Fran\u00e7oise Lavocat, Vincent Jouve \u2026 sans oublier les \u00e9crivains de <em>La nouvelle fiction<\/em><sup><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/sup><em>. <\/em>Pour la plupart, elles se formulent ainsi : <em>Qu\u2019est-ce que la fiction\u00a0?<\/em><sup><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/sup><em>,\u00a0Pourquoi la fiction\u00a0?<\/em><sup><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/sup><em>,\u00a0Pouvoirs de la fiction : Pourquoi aime-t-on les histoires\u00a0?<\/em><sup><a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/sup>Ou encore qu\u2019est-ce qui pousse par exemple les lecteurs \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 un livre, \u00e0 ouvrir la premi\u00e8re page et ainsi de suite, \u00e0 entrer dans une salle de cin\u00e9ma, \u00e0 entamer le visionnage d\u2019une s\u00e9rie et aller \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019une histoire ? Comment expliquer cette attirance de l\u2019\u00eatre humain pour les r\u00e9cits ? Que recherche-t-il et que trouve-t-il ? \u00bb<sup><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/sup> Quelles fronti\u00e8res existent-elles entre <em>Fait et Fiction<\/em>,<sup><a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/sup> entre v\u00e9rit\u00e9 et fiction\u00a0?\u00a0 Quel est le pouvoir\u00a0et l\u2019impouvoir d\u2019un r\u00e9cit fictionnel\u00a0?<sup><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/sup> Ce sont entre autres autant de questions sur la fiction en elle-m\u00eame, son art y compris sur ses accessoires et dispositifs.<\/p>\n<p>Interrogeant le rapport de la fiction \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 et postulant l\u2019id\u00e9e qu\u2019il n\u2019existerait pas une fiction mais plut\u00f4t des fictions, Jean-Marie Schaeffer, dans un article paru dans la revue <em>L\u2019Homme,<\/em> affirme que la notion de fiction \u00ab\u00a0est g\u00e9n\u00e9ralement un composite instable\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/sup>, c\u2019est-\u00e0-dire que les d\u00e9finitions mises \u00e0 notre disposition devraient \u00eatre prises avec une certaine m\u00e9fiance en fonction du dispositif r\u00e9f\u00e9rentiel de la fiction. Schaeffer taxe de simplistes la plupart des d\u00e9finitions, y compris la conjointe probl\u00e9matique antique qui l\u2019associe toujours \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. D\u2019ailleurs, cette r\u00e9currente opposition entre v\u00e9rit\u00e9 et fiction depuis l\u2019Antiquit\u00e9 grecque n\u2019a pas apport\u00e9 de v\u00e9ritables r\u00e9ponses pour dire ce que c\u2019est elle ou n\u2019est pas. Elle complexifie plut\u00f4t la compr\u00e9hension et le rapport \u00e0 la fiction. Revenant sur les diff\u00e9rents usages historiques du terme, Schaeffer identifie quatre attraits s\u00e9mantiques qui lui sont associ\u00e9s, \u00e0 savoir l&rsquo;illusion, la feintise, le fa\u00e7onnage et le jeu qui en proposent chacun une vision diff\u00e9rente. D\u2019o\u00f9 il est plus commode de parler des fictions et non de fiction car ce que l&rsquo;on d\u00e9signe comme telle refl\u00e8te les probl\u00e9matiques de son \u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le <em>Dictionnaire du litt\u00e9raire<\/em>, Richard Saint-Gelais s\u2019appuie sur la d\u00e9finition de Schaeffer pour affirmer que la fiction se veut \u00ab\u00a0une histoire du possible, un comme si\u2026. une feinte et une fabrication<sup><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/sup>\u00a0\u00bb. Selon lui, elle rel\u00e8ve\u00a0de \u00ab\u00a0la capacit\u00e9 de l\u2019esprit humain \u00e0 inventer un univers qui n\u2019est pas celui de la perception imm\u00e9diate. Les usages sociaux de cette capacit\u00e9 sont nombreux\u00a0: du mensonge au mythe, via les r\u00e9cits exemplaires, les contes \u2013 fantastiques ou divertissants \u2013 et les nouvelles, le roman, etc. Tous les arts de la mim\u00e9sis en mobilisent les ressources, au point qu\u2019on a pu traduire \u00ab\u00a0mim\u00e9sis\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0fiction\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/sup>. M\u00eame s\u2019il relate les grands moments de la fiction dans l\u2019histoire litt\u00e9raire occidentale et fran\u00e7aise, il para\u00eet impossible de faire ou de retracer son histoire compl\u00e8te car les supports sont instables et inaccessibles. Plusieurs historiens litt\u00e9raires font appara\u00eetre des faits capables de la percevoir dans son rapport non seulement avec les \u00eatres humains mais aussi avec le temps et l\u2019espace. \u00c0 vrai dire, ces diff\u00e9rentes approches rendent possible sa compr\u00e9hension au fil de plusieurs si\u00e8cles d\u2019histoire car sa d\u00e9finition n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fig\u00e9e dans un lieu ou dans un temps. Elle varie selon la forme des mouvances et ambitions du monde. Donc, sons attribut s\u00e9mantique \u00e9volue selon le temps et les turbulences politiques et sociales de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En compl\u00e9ment des th\u00e9ories qui examinent la fiction et la litt\u00e9rature, il existe \u00e9galement de nombreux \u00e9loges pertinents contribuant \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension du dispositif fictionnel dans les \u0153uvres litt\u00e9raires. Lors de la conf\u00e9rence du Nobel du 7 d\u00e9cembre 2010 \u00e0 Stockholm, l\u2019\u00e9crivain p\u00e9ruvien Mario Vargas Llosa a, dans son discours de r\u00e9ception, longuement insist\u00e9 sur les pouvoirs de la lecture et de l\u2019\u00e9criture consid\u00e9r\u00e9es comme fiction dans la construction et le fa\u00e7onnement d\u2019un certain art de vivre. Ces deux activit\u00e9s sont des compl\u00e9ments de la vie dans la mesure o\u00f9 elles permettent de combler les manques, car \u00ab\u00a0tout comme \u00e9crire, lire c\u2019est protester contre les insuffisances de la vie. Celui qui cherche dans la fiction ce qu\u2019il n\u2019a pas exprime, sans nul besoin de le dire ni m\u00eame de le savoir, que la vie telle qu\u2019elle est ne suffit pas \u00e0 combler notre soif d\u2019absolu, fondement de la condition humaine, et qu\u2019elle devrait \u00eatre meilleure\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/sup>. Llosa va encore plus loin dans son expos\u00e9 pour affirmer que c\u2019est la fiction qui rend les humains \u00ab\u00a0conscients de l\u2019importance de la libert\u00e9 qui rend vivable la vie, et de l\u2019enfer qu\u2019elle devient quand cette libert\u00e9 est foul\u00e9e aux pieds par un tyran, une id\u00e9ologie ou une religion\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/sup> de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019elle \u00ab\u00a0cr\u00e9e une fraternit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la diversit\u00e9 humaine et \u00e9clipse les fronti\u00e8res \u00e9rig\u00e9es entre hommes et femmes par l&rsquo;ignorance, les id\u00e9ologies, les religions, les langues et la stupidit\u00e9\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, en \u00e9voquant l\u2019\u00e9nergie et l\u2019impact de la fiction sur la vie humaine ainsi que son lien avec la lecture et l\u2019\u00e9criture, l\u2019\u00e9crivain-Acad\u00e9micien exprime ses interrogations, ses inqui\u00e9tudes et ses pr\u00e9occupations concernant les aspects n\u00e9gatifs du monde. De plus, il met en avant la capacit\u00e9 des fictions \u00e0 identifier, d\u00e9crire et anticiper les diff\u00e9rentes formes de violence dans le monde. Ainsi, les fictions ne sont pas sans importance ; elles repr\u00e9sentent des outils efficaces contre toute forme de discours dissimul\u00e9 ou de propagande provenant de r\u00e9gimes autoritaires. C\u2019est pour cela que \u00ab ces r\u00e9gimes savent bien, en effet, le risque pris \u00e0 laisser l\u2019imagination discourir dans les livres, et combien s\u00e9ditieuses deviennent les fictions quand le lecteur compare la libert\u00e9 qui les rend possibles et s\u2019y \u00e9panouit, contre l\u2019obscurantisme et la peur qui le guettent dans le monde r\u00e9el. [les \u00e9crivains] en inventant des histoires, propagent l\u2019insatisfaction, en montrant que le monde est mal fait, que la vie imaginaire est plus riche que la routine quotidienne \u00bb<sup><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a><\/sup>. Dans son essai <em>\u00c9loge de la<\/em> <em>fiction<\/em><sup><a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/sup><em>,<\/em> Marc Petit revient, pour sa part, \u00e0 l&rsquo;instar de Mario Vargas Llosa, sur le pouvoir de la fiction en soutenant l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une Nouvelle fiction, caract\u00e9ris\u00e9e par une imagination multiple o\u00f9 l&rsquo;imaginaire conserve son statut d&rsquo;illusion romanesque. L&rsquo;absence de cette illusion pourrait limiter la fiction dans ses diff\u00e9rentes interpr\u00e9tations du monde. Ainsi, il est souhaitable, dit-il, que la fiction pr\u00e9serve ses ambigu\u00eft\u00e9s et ses diverses formes d\u2019interpr\u00e9tation du monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce 22<sup>e<\/sup>\u00a0num\u00e9ro de\u00a0<em>Legs et Litt\u00e9rature, <\/em>la notion de crise est associ\u00e9e \u00e0 la litt\u00e9rature\u00a0 \u2013 donc la fiction \u2013 pour questionner le(s) pouvoir(s) de la litt\u00e9rature et ce qu\u2019elle offre \u00e0 entendre et \u00e0 comprendre dans les p\u00e9riodes de troubles. Comme la fiction, la notion de crise<sup><a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/sup> est instable puisqu\u2019elle varie selon les champs disciplinaires. Pour le sociologue et philosophe Pierre Ansart, le terme renvoie \u00e0 \u00ab une phase de tension, de malaise, de\u00a0d\u00e9sordre \u00bb<sup><a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/sup>. Son utilisation \u00ab\u00a0s\u2019entend \u00e0 plusieurs niveaux\u00a0: \u00e9conomique, politique ou social, et il peut designer des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019intensit\u00e9 vari\u00e9e\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/sup>.\u00a0Tr\u00e8s r\u00e9pandue et popularis\u00e9 au 19<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle dans quasiment tous les domaines, \u00ab\u00a0il n\u2019est pas de domaine ou de probl\u00e8me qui ne soit hant\u00e9 par l\u2019id\u00e9e d\u2019une crise (le capitalisme, la soci\u00e9t\u00e9, le couple, la famille, les valeurs, la jeunesse, la science, le droit, la civilisation, l\u2019humanit\u00e9)\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a><\/sup>. Par ailleurs, l\u2019on se souvient encore de la r\u00e9cente crise sanitaire provoqu\u00e9e par l\u2019\u00e9pid\u00e9mie du Corona virus qui a secou\u00e9 le monde en 2020 et le toll\u00e9 soulev\u00e9 par le drame au large de Lampedusa fin octobre 2013 dans la M\u00e9diterran\u00e9e (crise des migrants). Utilis\u00e9 dans divers champs de connaissance pour d\u00e9signer des moments de trouble, de malaise dans l\u2019organisme (m\u00e9decine), de tension ou de dysfonctionnement dans l\u2019organisation sociale (sociologie), de conflits ou de bouleversements dans la vie ou les relations politiques (g\u00e9opolitique), la crise est \u00e9galement un concept, plus que jamais aujourd\u2019hui, familier \u00e0 la litt\u00e9rature. Dans l\u2019introduction de son essai <em>La Crise de la litt\u00e9rature : Romantisme et modernit\u00e9<\/em>, Alain Vaillant affirme que\u00a0: \u00ab\u00a0la notion de crise est donc marqu\u00e9e du sceau de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 : elle traduit un \u00e9tat incontestable de d\u00e9s\u00e9quilibre et de dysfonctionnement, dont l\u2019historien doit mener le diagnostic \u00e0 son terme, mais elle est aussi source de renouvellements et d\u2019inventions formelles\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a><\/sup>. Autrement dit, la crise, en s\u2019appuyant sur cette consid\u00e9ration de l\u2019historien de la litt\u00e9rature, constitue une situation de confusion et de d\u00e9sorganisation de l\u2019ordre \u00e9tabli qui pourrait augurer de nouvelles formes d\u2019organisations structurelles. Elle a un rapport avec l\u2019histoire et sa compr\u00e9hension requiert que l\u2019on recoure au pr\u00e9\u00e9tabli. Pierre Citti, dans le onzi\u00e8me chapitre de <em>Contre la d\u00e9cadence <\/em>\u00e9crit que le terme \u00ab\u00a0d\u00e9signe la phase d\u2019une maladie qui va emporter une d\u00e9cision, soit qu\u2019elle facilite le diagnostic, soit qu\u2019elle assure du pronostic, ou les deux. Elle peut \u00eatre \u00ab bienfaisante \u00bb ou \u00ab fatale \u00bb<sup><a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/sup>. Un peu plus loin dans sa r\u00e9flexion, il pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0le sentiment d\u2019une \u00ab crise \u00bb co\u00efncide avec une impression de disproportion, de d\u00e9s\u00e9quilibre\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019introduction de son essai\u00a0<em>R\u00e9parer le monde. La litt\u00e9rature fran\u00e7aise face au XXI<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle,\u00a0<\/em>Alexandre Gefen soutient que \u00ab\u00a0le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle a vu l\u2019\u00e9mergence d\u2019une conception que je qualifierai de \u00ab th\u00e9rapeutique \u00bb de l\u2019\u00e9criture et de la lecture, celle d\u2019une litt\u00e9rature qui gu\u00e9rit, qui soigne, qui aide, ou, du moins, qui \u00ab fait du bien \u00bb. [\u2026] S\u2019\u00e9rigeant \u00e0 la fois contre le\u00a0<em>storytelling<\/em>\u00a0et le divertissement, la litt\u00e9rature voudrait faire face au monde, agir, rem\u00e9dier aux souffrances, nous aider \u00e0 mieux vivre dans nos existences ordinaires\u2026\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/sup>. Cette assertion se veut une mani\u00e8re d\u2019attirer l\u2019attention sur les (nouveaux) usages de la litt\u00e9rature dans le monde contemporain et aussi son v\u00e9ritable pouvoir \u00e0 la fois comme champ de connaissance et lieu d\u2019exp\u00e9rimentation de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9. Ce versant prescriptif permet \u00e9galement de discuter la question soulev\u00e9e par Antoine Compagnon dans sa le\u00e7on inaugurale du 30 novembre 2006 au Coll\u00e8ge de France \u00ab\u00a0sur la situation de la litt\u00e9rature aujourd\u2019hui et demain\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a><\/sup>. Revenir \u00e0 la question du pouvoir de la litt\u00e9rature, \u00ab\u00a0c\u2019est relancer le mouvement m\u00eame de la litt\u00e9rature \u2013 par le doute qu\u2019elle entretient sur sa propre puissance, et la conscience qu\u2019elle ne rel\u00e8ve jamais vraiment d\u2019un r\u00e9gime d\u2019exception dans la culture\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a><\/sup>. Face \u00e0 un monde plus que jamais domin\u00e9 par les crises, il n\u2019est pas vain de se documenter, \u00e0 la suite de Compagnon, sur les v\u00e9ritables valeurs que la litt\u00e9rature peut cr\u00e9er et transmettre \u00e0 l\u2019heure actuelle et qui seront profitables au monde \u00e0 venir. Il ne faut surtout pas perdre de vue que (s)interroger (sur) le pouvoir ou la fin de litt\u00e9rature, c\u2019est en m\u00eame temps questionner son impossibilit\u00e9, \u00ab\u00a0car l\u2019<em>impouvoir<\/em> suppos\u00e9 de la litt\u00e9rature, c\u2019est aussi sa <em>puissance<\/em> propre\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par-l\u00e0, l\u2019ambition principale de ce 22<sup>e<\/sup> num\u00e9ro de <em>Legs et Litt\u00e9rature<\/em> est de se focaliser sur les dynamiques qui sous-tendent les relations entre le factuel et la fiction, les r\u00e9alit\u00e9s et les imaginaires. Comment, \u00e0 partir du factuel, la litt\u00e9rature proc\u00e8de-t-elle au fa\u00e7onnement de l\u2019imaginaire\u00a0pour cr\u00e9er un hors-monde\u00a0? Comment ce hors-du-monde dans lequel elle projette l\u2019individu lui permet-il d\u2019avoir (em)prise sur le r\u00e9el\u00a0? Quels m\u00e9canismes (de substitution) propose-t-elle au sujet face \u00e0 la maladie de l\u2019\u00e2me et au d\u00e9senchantement du monde\u00a0? Il s\u2019agit de faire le tour d\u2019horizon des interactions entre la crise et la litt\u00e9rature et d\u00e9terminer comment la crise cr\u00e9e du sens \u00e0 la litt\u00e9rature et vice-versa. \u00c0 travers des r\u00e9flexions proposant des interpr\u00e9tations et des examens en fonction d\u2019approches multidisciplinaires, ce volume explore le pouvoir de la fiction confront\u00e9 \u00e0 la crise \u00e0 partir de trois principaux axes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier axe aborde la th\u00e9matique au prisme d\u2019une mise en relation des notions de r\u00e9paration et l\u2019\u00e9thique du <em>care<\/em>. Les contributeurs ont adopt\u00e9 une approche th\u00e9rapeutique de la litt\u00e9rature qui fait de la crise une pathologie, un corps malade ou une folie \u00e0 laquelle seule la narration litt\u00e9raire peut apporter un rem\u00e8de ou une gu\u00e9rison. Cette vision de la litt\u00e9rature met en exergue son caract\u00e8re utilitaire eu \u00e9gard \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 agir sur les corps et les esprits \u00e0 la fois pour panser les stigmates et les traumas et penser le rapport \u00e0 l\u2019autre et la r\u00e9alit\u00e9 autrement. Cela nous am\u00e8ne \u00e0 la conception de Gefen \u00e9voqu\u00e9e dans l\u2019introduction de <em>R\u00e9parer le monde <\/em>postulant le pouvoir th\u00e9rapeutique de la litt\u00e9rature en raison de sa disposition \u00e0 soigner et aider \u00e0 se sentir bien dans sa peau. \u00c0 ce propos, il la d\u00e9finit non plus comme un simple divertissement ou une sorte d\u2019embellissement des objets du monde mais comme \u00ab un dispositif social ou symbolique puissant op\u00e9rant sur les consciences et les c\u0153urs\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/sup>, en m\u00eame temps sur les corps. Ainsi, dans le premier texte qui ouvre le volume, Marie-Appoline Jouli\u00e9 propose d\u2019interroger le r\u00e9cit <em>Barge <\/em>de H.K pour souligner le double enjeu de la litt\u00e9rature comme espace de soin et recherche de soi. L\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire est ici utilis\u00e9e comme cure dans la recherche d\u2019une parole enferm\u00e9e dans un corps en proie \u00e0 la folie et stigmatis\u00e9e pas le corps social. De son c\u00f4t\u00e9, Gabriel De Tournemire s\u2019appuie sur <em>Cinq mains coup\u00e9es <\/em>de Sophy Divry, r\u00e9cit sur les violences polici\u00e8res lors de la crise des Gilets jaunes en France, pour \u00e9tudier la mani\u00e8re dont la litt\u00e9rature souscrit \u00e0 r\u00e9parer ou \u00e0 cicatriser les blessures. Consid\u00e9rant le texte comme \u00ab\u00a0une proth\u00e8se verbale\u00a0\u00bb, elle cherche \u00e0 montrer comment, par son dispositif \u00e9nonciatif, il entend restituer ce que la violence d\u2019\u00c9tat, par l\u2019exercice de son pouvoir sur le corps, a enlev\u00e9 \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la m\u00eame lign\u00e9e, Fida Mesto poursuit cette exploration du pouvoir r\u00e9parateur de la fiction en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019utilisation du <em>care <\/em>dans le r\u00e9cit litt\u00e9raire pour faire face au trauma g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par les conflits de guerre. En se basant sur une analyse de <em>Les larmes d\u2019une poup\u00e9e<\/em> de Nayla Sarieddine et <em>L\u2019enfant aux yeux pleins de larmes <\/em>de May Menassa, son \u00e9tude met en relief les possibilit\u00e9s qu\u2019offre la litt\u00e9rature de se reconstruire et de transformer l\u2019humain dans sa relation avec l\u2019autre et le monde. L\u2019h\u00e9ritage laiss\u00e9 par la guerre dans les zones en proie aux conflits arm\u00e9s est un lourd fardeau qui a ses prolongements sur le physique, le psychique et le cognitif de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il affecte le tissu social et l\u2019imaginaire collectif. Les crises ou les tabous de la sexualit\u00e9 dans les soci\u00e9t\u00e9s africaines d\u00e9colonis\u00e9es font l\u2019objet de la r\u00e9flexion men\u00e9e par Atim Mackin. Les tabous sexuels sont des ph\u00e9nom\u00e8nes communs \u00e0 nombre de soci\u00e9t\u00e9s, pr\u00e9cis\u00e9ment celles frapp\u00e9es par la morale religieuse et les violences du patriarcat. En s\u2019appuyant sur un corpus de textes d\u2019auteurs d\u2019Afrique de l\u2019est, de l\u2019ouest et du nord, il \u00e9labore une autopsie des strat\u00e9gies mises en \u0153uvre par ces auteurs pour cicatriser les blessures de l\u2019h\u00e9ritage colonial et subvertir les normes h\u00e9t\u00e9rosexuelles tout en examinant la place r\u00e9serv\u00e9e aux autres formes de sexualit\u00e9 dans l\u2019Afrique contemporaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le deuxi\u00e8me axe traite de la crise de l\u2019\u00e9cologie et l\u2019Anthropoc\u00e8ne en relation avec l\u2019Afro-futurisme. Le monde moderne fait l\u2019objet d\u2019un nombre important de bouleversements \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire qui, dans la plupart des cas, r\u00e9sultent des actions de l\u2019\u00eatre humain sur l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me. Le r\u00e9chauffement climatique, les d\u00e9sastres pand\u00e9miques et naturels, la flamb\u00e9e des \u00e9pid\u00e9mies sont, entre autres, autant de cons\u00e9quences de ces actions qui acc\u00e9l\u00e8rent le p\u00e9ril de l\u2019univers. Quand l\u2019auteur met en sc\u00e8ne la catastrophe \u2013 quelle que soit sa teneur \u2013 dans son \u0153uvre, c\u2019est pour rendre compte du pouvoir de l\u2019\u00e9criture \u00e0 s\u2019approprier le r\u00e9el et mettre les humains face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s par rapport aux pressions (d\u00e9mesur\u00e9es) qu\u2019ils exercent sur la biosph\u00e8re et leur gestion subs\u00e9quente des corps et des espaces. C\u2019est, en effet, toute la port\u00e9e significative du jugement d\u2019Alma Abou Fakher et de Mourad Loudiyi sur \u00ab\u00a0le pouvoir de l\u2019\u00e9criture contemporaine \u00e0 dire ce qui \u00e9chappe \u00e0 l\u2019expression lors d\u2019un cataclysme. La litt\u00e9rature, par son pouvoir imaginaire et ses ordres po\u00e9tiques et esth\u00e9tiques, n\u2019a de cesse de s\u2019approprier le r\u00e9cit des catastrophes naturelles ou \u00e9pid\u00e9miques qui ont forg\u00e9 la lign\u00e9e de son histoire pour instituer une sp\u00e9cificit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rique\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mobilisant la fiction climatique pour analyser la nouvelle \u00ab\u00a0\u00c0 boire debout\u00a0\u00bb d\u2019Antoine Desjardins, la chercheuse Simona Pruteanu s\u2019\u00e9vertue \u00e0 montrer la complexe interconnexion entre l\u2019Homme et son environnement. Cette relation entre eux est d\u2019une telle complexit\u00e9 que toute action dramatique ou tension r\u00e9sultant d\u2019une crise quelconque peut provoquer le d\u00e9clin de l\u2019un comme de l\u2019autre. Concentrant son analyse sur l\u2019\u00e9tude du registre de l\u2019intime et du travail linguistique op\u00e9r\u00e9 par Desjardins dans sa nouvelle pour faire ressortir la col\u00e8re et l\u2019angoisse caract\u00e9risant son h\u00e9ros face \u00e0 la catastrophe environnementale, dans son approche, Pruteanu vise \u00e0 montrer que les d\u00e9sastres naturels doivent \u00eatre v\u00e9cus comme des exp\u00e9riences subjectives dans la mesure o\u00f9 ils impactent durablement et diff\u00e9remment la vie de l\u2019individu. Prenant la forme d\u2019un virus ou d\u2019une maladie incurable, ils s\u2019infiltrent dans le corps, s\u2019attaquent aux m\u00e9canismes de d\u00e9fense et produisent des d\u00e9g\u00e2ts allant jusqu\u2019\u00e0 sa d\u00e9t\u00e9rioration. <em>Le masque de la mort rouge <\/em>est un recueil de nouvelles fantastiques d\u2019Edgar Allan Poe qui, avec la peinture de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie \u00e9chappant \u00e0 toute tentative de contr\u00f4le, a une port\u00e9e apocalyptique. S\u2019appuyant sur ces nouvelles qu\u2019il met en lien avec la pand\u00e9mie du Covid-19, Ahmed Essalhi \u00e9tablit le rapport du factuel et du fictionnel \u00e0 travers le pouvoir de la litt\u00e9rature \u00e0 mettre en sc\u00e8ne la crise sanitaire. Pour sa part, Pedro Trujillo utilise la nouvelle \u00ab\u00a0La cueva\u00a0\u00bb de Lilian Corzani pour questionner les crises \u00e9cologiques et d\u00e9mocratiques \u00e0 partir d\u2019un postulat mettant en avant la dimension \u00e9cologique de la crise d\u00e9mocratique compte tenu du lien entre anthropoc\u00e8ne et politique. L\u2019observation de Trujillo tend \u00e0 souligner que le probl\u00e8me climatique est en grande partie issu de la d\u00e9mocratie en arguant que ce sont les choix politiques et les mod\u00e8les \u00e9conomiques qui seraient \u00e0 la base de l\u2019exploitation intensive des ressources naturelles, de la pollution et toutes les autres formes de d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes. Dans la m\u00eame veine, Giovanie Soh avance que la transformation de notre monde en une civilisation \u00e9cocidaire est l\u2019\u0153uvre des avanc\u00e9es techniques et scientifiques. La recherche de pouvoir, le d\u00e9sir de grandeur et la qu\u00eate fr\u00e9n\u00e9tique du profit constituent autant de param\u00e8tres pr\u00e9cipitant l\u2019effondrement de la plan\u00e8te. Son argumentaire construit autour de l\u2019examen de <em>L\u2019arbre f\u00e9tiche <\/em>de Jean Pliya et <em>L\u2019amas ardent <\/em>de Yamen Mana\u00ef fait de la litt\u00e9rature l\u2019espace propice \u00e0 penser la r\u00e9paration \u00e9cologique. Ce besoin d\u00e9mesurable de repr\u00e9sentation, de gain et d\u2019estime conduit l\u2019homme, atteint par la boulimie du pouvoir, \u00e0 devenir un monstre. C\u2019est ce qui appara\u00eet dans la th\u00e8se que d\u00e9veloppe Mirline Pierre dans sa critique de <em>2084. La fin du monde<\/em> de Boualem Sansal pour faire ressortir le pouvoir de la fiction \u00e0 nommer et (pr\u00e9)dire la terreur et d\u00e9crire les violences du pouvoir politique. En questionnant les tensions du politique \u00e9voqu\u00e9es dans ce r\u00e9cit d\u2019anticipation de Sansal et les crises li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9ception des litt\u00e9ratures francophones du Sud confront\u00e9es \u00e0 l\u2019Afrofuturisme, l\u2019int\u00e9r\u00eat de son \u00e9tude est de r\u00e9v\u00e9ler ou d\u2019attester des moyens dont dispose la litt\u00e9rature de renouveler les imaginaires pour repenser le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le troisi\u00e8me et dernier axe fait place \u00e0 la crise de la d\u00e9mocratie et le rapport \u00e0 l\u2019autre dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. Devant prioriser la souverainet\u00e9 du peuple dans la gestion de la <em>Respublica, <\/em>la d\u00e9mocratie est devenue, depuis de nombreuses ann\u00e9es, une arme entre les mains des puissances imp\u00e9rialistes pour manipuler et instrumentaliser les pays p\u00e9riph\u00e9riques afin de mieux les extorquer. Cette situation est, en effet, observable dans les soci\u00e9t\u00e9s postcoloniales, notamment dans les territoires africains et dans un pays comme Ha\u00efti o\u00f9 l\u2019\u00e9chec des tentatives d\u2019instauration d\u2019une d\u00e9mocratie sur mesure depuis la chute du r\u00e9gime dictatorial des Duvalier est longtemps act\u00e9. Dans son essai, Paul Youba Kiebre met l\u2019emphase sur la d\u00e9faite de la d\u00e9mocratie dans les soci\u00e9t\u00e9s en prenant en exemple la fictionnalisation du g\u00e9nocide rwandais et du ph\u00e9nom\u00e8ne des enfants-soldats dans <em>Petit pays <\/em>de Ga\u00ebl Faye et <em>Allah n\u2019est pas oblig\u00e9 <\/em>d\u2019Ahmadou Kourouma pour souligner le poids de la \u00ab\u00a0d\u00e9rive identitaire\u00a0\u00bb dans la constitution de cette d\u00e9faite. En plus de d\u00e9montrer que les crises socio-politiques sont l\u2019h\u00e9ritage d\u2019une d\u00e9mocratie en banqueroute, son article interroge le regard interrogateur que la litt\u00e9rature pose sur l\u2019histoire et la mani\u00e8re dont elle permet d\u2019aborder l\u2019imm\u00e9diatet\u00e9. Par ailleurs, Ludivine Gravito r\u00e9v\u00e8le la forme de l\u2019engagement de l\u2019\u00e9crivain chilien \u00e0 travers le roman <em>neopolicial <\/em>par son mode d\u2019inscription critique des crises socio-politiques dans l\u2019imaginaire litt\u00e9raire pour attiser la curiosit\u00e9 du lecteur sur les diff\u00e9rents enjeux et probl\u00e8mes sociaux. Comme genre autorisant de dresser le portrait de la soci\u00e9t\u00e9 chilienne de la fin de la dictature et sa phase transitionnelle, le <em>neopolicial <\/em>ouvre le champ favorable au questionnement des rapports entre d\u00e9mocratie, justice et m\u00e9moire dont la port\u00e9e met en \u00e9vidence le pouvoir de l\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire \u00e0 rendre compte des injustices, de conjurer l\u2019oubli et nommer l\u2019innommable. L\u2019int\u00e9r\u00eat particulier de la recherche men\u00e9e par Gravito met en lumi\u00e8re le r\u00f4le d\u2019\u00e9claireur ou de sentinelle que joue l\u2019\u00e9crivain dans la soci\u00e9t\u00e9, compte tenu, dans le sens sartrien, de sa pr\u00e9occupation de la condition humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Consid\u00e9rant la port\u00e9e inclusive de l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique qui devrait dessiner des <em>habitus<\/em> du vivre-ensemble en dehors des logiques de l\u2019<em>apartheid, <\/em>Pierre Suzanne Eyenga Onana essaie de voir comment la litt\u00e9rature, gr\u00e2ce \u00e0 sa force r\u00e9paratrice, participe \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un monde qui \u00e9chappe aux tentacules d\u2019un univers n\u00e9grophobe. L\u2019article d\u2019Onana qui se veut un v\u00e9ritable travail d\u2019enqu\u00eate sur les malaises g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le racisme \u00e0 travers la repr\u00e9sentation et la d\u00e9mystification qui en sont faites dans le roman <em>Ngemena <\/em>de Lomiani Tchibamba confirme que le r\u00e9cit litt\u00e9raire, en s\u2019emparant de la crise des droits de l\u2019homme, contribue \u00e0 une red\u00e9finition du rapport \u00e0 l\u2019autre. En effet, la litt\u00e9rature dispose de cette puissance d\u2019impulser du sens au monde l\u00e0 o\u00f9 le dialogue s\u2019av\u00e8re impossible et de penser l\u2019impensable l\u00e0 o\u00f9 le d\u00e9senchantement semble vouloir saper les fondements de la condition humaine. C\u2019est ce qu\u2019\u00e9voque tout au moins Zid Nahla qui se penche sur la crise du personnage frapp\u00e9 de d\u00e9sillusion dans <em>Minuit \u00e0 Alger <\/em>de Nihed-El-Alia. En Envisageant ce roman comme une autofiction dystopique mettant \u00e9galement en lumi\u00e8re la crise de l\u2019auteur, la chercheuse propose une exploration de la crise \u00ab\u00a0anonymatoire\u00a0\u00bb qui serait aussi celle d\u2019une crise d\u2019identit\u00e9 pour exposer les m\u00e9canismes configurant l\u2019\u00e9criture comme un espace de libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce num\u00e9ro de <em>Legs et Litt\u00e9rature<\/em> qui se pr\u00e9sente comme une travers\u00e9e des mondes mettant en lien le pouvoir de la fiction en confrontation avec les crises soci\u00e9tales offre, \u00e0 travers les diff\u00e9rentes \u00e9tudes qui le composent, des outils pour aider \u00e0 saisir les dynamiques et enjeux du monde contemporain et ceux du monde \u00e0 venir. Les contributions mettent en lumi\u00e8re les contradictions qui (d\u00e9)font les soci\u00e9t\u00e9s et le d\u00e9clin dans lequel elles se pr\u00e9cipitent \u00e0 trop vouloir \u00e9riger un humanisme anthropocentrique. Comment penser et vivre dans un monde aujourd\u2019hui qui d\u00e9chante et plus que jamais domin\u00e9 par les violences de la guerre, les conflits g\u00e9opolitiques opposant les puissances politiques et la qu\u00eate effr\u00e9n\u00e9e pour le monopole des diverses sources de pouvoir o\u00f9 l\u2019homme est devenu, dans une perspective hobbesienne, un v\u00e9ritable monstre\u00a0? Le panorama que pr\u00e9sente ce volume est une invite sur la n\u00e9cessit\u00e9 de (re)penser le (rapport au) monde et le devenir des soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 partir des (im)pouvoirs du texte litt\u00e9raire \u00e0 alerter et \u00e0 mod\u00e9liser les situations futures en nous poussant \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur la complexit\u00e9 de l\u2019existence et en accroissant la richesse du langage pour nommer la condition m\u00eame de cette\u00a0 existence.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Mirline Pierre, PHDC<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Dieulermesson Petit Fr\u00e8re, PHDC<\/strong><\/p>\n<p>&#8212;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Aristote, <em>Po\u00e9tique <\/em>(Trad. Barbara Gernez), Paris, Les Belles Lettres, 2008.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Platon, <em>La r\u00e9publique (<\/em>Trad. Georges Leroux), Paris, Georges Leroux, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Cf. r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019essai de Jean-Luc Moreau dans lequel il d\u00e9veloppe un nouveau de pens\u00e9e autour de la fiction.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.google.fr\/search?hl=fr&amp;q=inauthor:%22Lorenzo+Menoud%22&amp;tbm=bks&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwiew8S17Y6LAxUSRaQEHWy6ENoQmxMoAHoECCEQAg\">Lorenzo Menoud<\/a>, <em>Qu\u2019est-ce que la fiction ?,<\/em> Paris, Vrin, 2005.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Jean- Marie Schaeffer,<em> Pourquoi la fiction ? <\/em>\u00a0Paris, \u00c9ditions du Seuil, 1999.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. Vincent Jouve, <em>Pouvoirs de la fiction\u00a0: Pourquoi aime-t-on les histoires\u00a0?<\/em>, Paris, Armand Colin, 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Ibid., pp. 7-9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Fran\u00e7oise Lavocat, <em>Fait et fiction. Pour une fronti\u00e8re<\/em>, Paris, Seuil, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf. Emmanuel Bouju, Yolaine Parisot, Charline Pluvinet, <em>Pouvoir de la litt\u00e9rature ; de l\u2019energeia \u00e0 l\u2019empowerment<\/em>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Jean-Marie Schaeffer,\u00a0\u00ab\u00a0Quelles v\u00e9rit\u00e9s pour quelles fictions\u00a0?\u00a0\u00bb,\u00a0<em>L\u2019homme<\/em> n<sup>o <\/sup>175-176, juillet-septembre 2005, p. 20. Consult\u00e9 le 24 janvier 2023. \u00a0&lt;<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/lhomme\/29493\">https:\/\/journals.openedition.org\/lhomme\/29493<\/a>&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Richard Saint-Gelais, \u00ab\u00a0Fiction\u00a0\u00bb, Paul Aron, Denis Saint-Jacques, Alain Viala (sous la direction de), <em>Dictionnaire du\u00a0litt\u00e9raire<\/em>, Paris, QUADRIGE\/PUF, 2002, pp. 289 -290.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Ibid., p. 289.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Mario Vargas Llosa, <em>\u00c9loge de la lecture et de la fiction<\/em>, Paris, Gallimard, 2011, p. 14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Ibid., pp. 14-15.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Ibid., p. 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Ibid. pp. 15-16<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Marc Petit, <em>\u00c9loge de la fiction<\/em>, Paris, Fayard, 1999.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Titre du 25<sup>e<\/sup>\u00a0num\u00e9ro de la revue\u00a0<em>Communications<\/em>\u00a0publi\u00e9 en 1976 et dirig\u00e9 par Andr\u00e9 Bejin et Edgard Morin dans lequel on trouve des articles pertinents sur la notion de crise \u00e9labor\u00e9e par des chercheurs de plusieurs disciplines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Pierre Ansart,\u00a0\u00ab\u00a0Crise\u00a0\u00bb, Andr\u00e9 Akoun et Pierre Ansart (sous la direction de), <em>Dictionnaire de Sociologie<\/em>, Paris, Le Robert\/Seuil, 1999, p. 1222.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Ibid., p. 122.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Edgar Morin, \u00ab\u00a0Pour une crisologie\u00a0\u00bb,\u00a0<em>Communications<\/em>, n<sup>o<\/sup>\u00a025, 1976, p. 149.\u00a0Consult\u00e9 le 30 janvier 2023. &lt;<a href=\"https:\/\/www.persee.fr\/doc\/comm_0588-8018_1976_num_25_1_1388\">https:\/\/www.persee.fr\/doc\/comm_0588-8018_1976_num_25_1_1388<\/a>&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Alain Vaillant, \u00ab\u00a0Prol\u00e9gom\u00e8nes th\u00e9oriques : crise et litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, <em>La Crise de la litt\u00e9rature : Romantisme et modernit\u00e9<\/em>, Grenoble, UGA \u00c9ditions, 2005, pp. 7-23. Consult\u00e9 le 22 juin 2023. \u00a0&lt;<a href=\"http:\/\/books.openedition.org\/ugaeditions\/3881\">http:\/\/books.openedition.org\/ugaeditions\/3881<\/a>&gt;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Pierre Citti, \u00ab\u00a0Questions, crises et r\u00f4le social de l\u2019\u00e9crivain \u00bb, <em>Contre la d\u00e9cadence. Histoire de l&rsquo;imagination fran\u00e7aise dans le roman 1890-1914<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, 1987, p. 218. Consult\u00e9 le 22 juin 2023. &lt;<a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/contre-la-decadence--9782130400134-page-213.htm\">https:\/\/www.cairn.info\/contre-la-decadence&#8211;9782130400134-page-213.htm<\/a>&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Ibid., p. 219.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Alexandre Gefen,\u00a0<em>R\u00e9parer le monde. La litt\u00e9rature fran\u00e7aise au XXI<sup>e\u00a0<\/sup>si\u00e8cle,\u00a0<\/em>Paris, Jos\u00e9 C<span style=\"color: #000000;\">orti, 2017, p. 7.<\/span><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Antoine Compagnon,\u00a0<em>La litt\u00e9rature, pourquoi faire\u00a0? Le\u00e7on inaugurale prononc\u00e9e le jeudi 30 novembre 2006,\u00a0<\/em>Paris, Fayard\/Coll\u00e8ge de France, 2007, p. 23.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Emmanuel Bouju, Yolaine Parisot, Charline Pluvinet,\u00a0<em>Pouvoir de la litt\u00e9rature \u00a0: de l\u2019energeia \u00e0 l\u2019empowerment<\/em>, Rennes, PUR, 2019, p. 7.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Ibid., p. 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[2<span style=\"color: #000000;\">9]<\/span><\/a><span style=\"color: #000000;\"> Alexandre Gefen, \u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb, <em>R\u00e9parer le monde. La litt\u00e9rature fran\u00e7aise au XXI<sup>e <\/sup>si\u00e8cle, <\/em>op. cit., p. 9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Alma Abou Faker, Mourad Loudiyi, \u00ab L\u2019\u00e9criture en temps de cataclysme : pouvoir et port\u00e9e herm\u00e9neutique\u00a0\u00bb, <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>n<sup>o <\/sup>16, 2020, p. 7.<\/p>\n<p>__<\/p>\n<pre>Pour citer cet article : Mirline Pierre, Dieulermesson Petit Fr\u00e8re, \u00ab De la fiction de la crise ou l'art de d\u00e9peindre les trag\u00e9dies du monde \u00bb, <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>n<sup>o \u00ad<\/sup>22, 2024, pp. 7-19.\n\n<\/pre>\n<p>Lire la pr\u00e9sentation sur Fabula, <a href=\"https:\/\/www.fabula.org\/actualites\/126799\/legs-et-litterature-n-21-du-pouvoir-de-la.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CLIQUER ICI<\/a><\/p>\n<p>Pour acc\u00e9der au sommaire, <a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Sommaire-Legs-et-Litterature-22.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cliquer ICI<\/a><\/p>\n<p>Pour consulter la bio-bibliographie des contributeurs, <a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/Bio-bibliographie-des-contributeur.rice_.s_-Legs-et-Litterature-22.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">cliquer ICI<\/a><\/p>\n<p><strong>Lire l\u2019\u00e9ditorial au format PDF :<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-pdf-viewer-block-standard\" style=\"text-align:left\"><div class=\"uploaded-pdf\"><a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/Editorial-Legs-et-Litterature-22_Extrait-Website.pdf\" data-width=\"\" data-height=\"\"><\/a><\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les questionnements et r\u00e9flexions autour de la fiction ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0Ils sont tout \u00e0 la fois d\u2019une r\u00e9currence et d\u2019une grande pertinence par leur mani\u00e8re de remuer le champ fictionnel en vue de trouver des approches d\u00e9finitionnelles capables d\u2019amener&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":8410,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-8508","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-editorial"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les questionnements et r\u00e9flexions autour de la fiction ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0Ils sont tout \u00e0 la fois d\u2019une r\u00e9currence et d\u2019une grande pertinence par leur mani\u00e8re de remuer le champ fictionnel en vue de trouver des approches d\u00e9finitionnelles capables d\u2019amener...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"LEGS &Eacute;DITION\" \/>\n<meta property=\"article:publisher\" content=\"https:\/\/web.facebook.com\/LegsEtLitterature\/\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2025-04-01T07:29:09+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2025-12-28T20:20:55+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"581\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"882\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/png\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"legs_edition\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"legs_edition\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"24 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"legs_edition\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58\"},\"headline\":\"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE\",\"datePublished\":\"2025-04-01T07:29:09+00:00\",\"dateModified\":\"2025-12-28T20:20:55+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/\"},\"wordCount\":5153,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/04\\\/cover-legs-22.png\",\"articleSection\":[\"\u00c9ditorial\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/\",\"name\":\"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/04\\\/cover-legs-22.png\",\"datePublished\":\"2025-04-01T07:29:09+00:00\",\"dateModified\":\"2025-12-28T20:20:55+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/04\\\/cover-legs-22.png\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2024\\\/04\\\/cover-legs-22.png\",\"width\":581,\"height\":882},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/2025\\\/04\\\/01\\\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/\",\"name\":\"LEGS &Eacute;DITION\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/legsedition.net\\\/public\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58\",\"name\":\"legs_edition\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"legs_edition\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION","og_description":"Les questionnements et r\u00e9flexions autour de la fiction ne datent pas d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0Ils sont tout \u00e0 la fois d\u2019une r\u00e9currence et d\u2019une grande pertinence par leur mani\u00e8re de remuer le champ fictionnel en vue de trouver des approches d\u00e9finitionnelles capables d\u2019amener...","og_url":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/","og_site_name":"LEGS &Eacute;DITION","article_publisher":"https:\/\/web.facebook.com\/LegsEtLitterature\/","article_published_time":"2025-04-01T07:29:09+00:00","article_modified_time":"2025-12-28T20:20:55+00:00","og_image":[{"width":581,"height":882,"url":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png","type":"image\/png"}],"author":"legs_edition","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"legs_edition","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"24 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/"},"author":{"name":"legs_edition","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/#\/schema\/person\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58"},"headline":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE","datePublished":"2025-04-01T07:29:09+00:00","dateModified":"2025-12-28T20:20:55+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/"},"wordCount":5153,"image":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png","articleSection":["\u00c9ditorial"],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/","url":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/","name":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE | LEGS &Eacute;DITION","isPartOf":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png","datePublished":"2025-04-01T07:29:09+00:00","dateModified":"2025-12-28T20:20:55+00:00","author":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/#\/schema\/person\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#primaryimage","url":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png","contentUrl":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/cover-legs-22.png","width":581,"height":882},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2025\/04\/01\/editorial-22-de-la-fiction-de-la-crise-ou-lart-de-depeindre-les-tragedies-du-monde\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/legsedition.net\/public\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"\u00c9ditorial 22 \u2013 DE LA FICTION DE LA CRISE OU L\u2019ART DE D\u00c9PEINDRE LES TRAG\u00c9DIES DU MONDE"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/#website","url":"https:\/\/legsedition.net\/public\/","name":"LEGS &Eacute;DITION","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/legsedition.net\/public\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/legsedition.net\/public\/#\/schema\/person\/a81dabaa18e65b48c79f8bbffa63ec58","name":"legs_edition","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/fa0fff0d692be3e90f567b7de089c52e1b33cd043cc784ccc7b3be10223ea819?s=96&d=mm&r=g","caption":"legs_edition"}}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8508"}],"version-history":[{"count":22,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8508\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9143,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8508\/revisions\/9143"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8410"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}