{"id":9454,"date":"2026-05-07T19:45:54","date_gmt":"2026-05-07T19:45:54","guid":{"rendered":"https:\/\/legsedition.net\/public\/?p=9454"},"modified":"2026-05-11T04:06:35","modified_gmt":"2026-05-11T04:06:35","slug":"editorial-23-litterature-et-feminisme-quels-regards","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legsedition.net\/public\/2026\/05\/07\/editorial-23-litterature-et-feminisme-quels-regards\/","title":{"rendered":"\u00c9ditorial 23 \u2013 LITT\u00c9RATURE ET F\u00c9MINISME : QUEL(S) REGARD(S) ?"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019articulation entre f\u00e9minisme et litt\u00e9rature constitue aujourd\u2019hui un champ central de r\u00e9flexion dans les \u00e9tudes critiques, notamment dans les contextes postcoloniaux. Plus qu\u2019un simple espace esth\u00e9tique, la litt\u00e9rature appara\u00eet comme un lieu de production, de circulation et de contestation des discours relatifs \u00e0 la condition des femmes. Dans les soci\u00e9t\u00e9s marqu\u00e9es par l\u2019esclavage, la colonisation et leurs prolongements contemporains, la litt\u00e9rature contribue activement \u00e0 la production de savoirs sur les r\u00e9alit\u00e9s f\u00e9minines. Dans cette optique, ce num\u00e9ro de <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>s\u2019organise autour de la question suivante : dans quelle mesure la litt\u00e9rature ne se limite-t-elle pas \u00e0 repr\u00e9senter la condition des femmes, mais participe-t-elle \u00e9galement \u00e0 la construction historique et politique du f\u00e9minisme comme champ de savoir et d\u2019action ?<\/p>\n<p>En effet, une telle interrogation suppose le d\u00e9passement d\u2019une conception strictement institutionnelle du f\u00e9minisme. Il convient d\u2019interroger les modalit\u00e9s selon lesquelles l\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire rend visibles des exp\u00e9riences f\u00e9minines. Bien avant l\u2019organisation de mouvements structur\u00e9s, les femmes ont d\u00e9velopp\u00e9 des formes multiples de r\u00e9sistance, de prise de parole et d\u2019action t\u00e9moignant d\u2019une conscience aigu\u00eb de leur condition. Nous faisons l\u2019hypoth\u00e8se que la litt\u00e9rature ne se limite pas \u00e0 repr\u00e9senter la condition des femmes, mais qu\u2019elle est un espace de production de savoirs f\u00e9ministes \u00e0 part enti\u00e8re, car les \u00ab\u00a0\u0153uvres [litt\u00e9raires] nous parviennent au c\u0153ur de notre vie, avec nos questions, avec nos attentes\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/sup> souligne Marielle Mac\u00e9 qui, d\u2019une part, croit que la litt\u00e9rature, comme \u00ab \u00ab\u00a0aventure esth\u00e9tique\u00a0\u00bb permanente, [\u2026] engage tous nos gestes, toutes nos rencontres, toutes les formalit\u00e9s du vivre\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/sup> et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, consid\u00e8re \u00ab\u00a0l\u2019exp\u00e9rience de la litt\u00e9rature comme l\u2019engagement d\u2019authentiques \u00ab\u00a0formes de vie\u00a0\u00bb \u00bb<sup><a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/sup>. Dans les contextes marqu\u00e9s par la colonialit\u00e9, elle agit comme un lieu critique capable de contester les r\u00e9gimes dominants de repr\u00e9sentation<sup><a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/sup> et de reconfigurer les subjectivit\u00e9s. Cela est d\u2019autant plus vrai que le f\u00e9minisme s\u2019inscrit dans une longue histoire de r\u00e9sistances et de prises de parole f\u00e9minines, g\u00e9n\u00e9ralement silenci\u00e9es<sup><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Barbara Christian<sup><a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/sup> souligne \u00e0 juste titre que les femmes ont eu recours \u00e0 la po\u00e9sie, au chant, au roman et \u00e0 l\u2019autobiographie pour penser leurs exp\u00e9riences et exprimer leurs visions du monde. Revenir aux textes litt\u00e9raires des f\u00e9minismes noirs, longtemps invisibilis\u00e9s, permet non seulement de relativiser le primat de la th\u00e9orie, mais aussi de reconna\u00eetre la f\u00e9condit\u00e9 des \u0153uvres litt\u00e9raires comme lieux de production de savoir. Cette perspective peut \u00eatre \u00e9clair\u00e9e par des figures historiques de r\u00e9sistance f\u00e9minine, telles qu\u2019Anacaona, luttant contre l\u2019envahissement de son caciquat sur l\u2019\u00eele d\u2019Ayiti par les Espagnols en 1492, dont le parcours permet de penser le f\u00e9minisme comme une praxis ant\u00e9rieure \u00e0 sa formalisation th\u00e9orique. La relecture de l\u2019Antiquit\u00e9 grecque, \u00e0 partir des figures d\u2019Agnodice<sup><a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/sup> et d\u2019Hypatie d\u2019Alexandrie<sup><a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/sup>, permet aussi de r\u00e9fl\u00e9chir sur les dynamiques de transgression par lesquelles certaines femmes ont investi des espaces de savoir et de pouvoir, participant ainsi \u00e0 la mise en tension des dispositifs de domination masculine. Plut\u00f4t que d\u2019en proposer une liste exhaustive, il convient de souligner la persistance de ces dynamiques dans des contextes vari\u00e9s.<\/p>\n<p>En Ha\u00efti, la Ligue f\u00e9minine d\u2019action sociale en 1934, tout en se d\u00e9finissant comme \u00ab\u00a0un mouvement d&rsquo;am\u00e9lioration sociale\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/sup> entretenait un rapport \u00e9troit avec la production litt\u00e9raire. Les \u0153uvres telles que <em>Cruelle destin\u00e9e et<\/em> <em>Blanche n\u00e9gresse de Cl\u00e9ante D. Valcin<\/em> ou <em>Le Joug<\/em> d\u2019Annie Desroy ainsi que les pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre de Jeanne P\u00e9rez, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Colimon-Hall et Paulette Poujol-Oriol illustrent cet engagement. Militantes et dirigeantes de la Ligue f\u00e9minine d\u2019action sociale, ces autrices ne se contentent pas de repr\u00e9senter la r\u00e9alit\u00e9, elles en proposent une lecture critique.<\/p>\n<p>Dans leurs \u00e9crits, ces femmes abordent l\u2019occupation am\u00e9ricaine et mettent en sc\u00e8ne des figures f\u00e9minines confront\u00e9es \u00e0 des enjeux raciaux, n\u00e9ocoloniaux, et patriarcaux complexes au quotidien<sup><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/sup>. Par ailleurs, en 1938, Jeanne P\u00e9rez fonde la revue <em>La Semeuse<\/em>, \u00e9galement maison d\u2019\u00e9dition afin de mettre \u00e0 la disposition des femmes un espace propre \u00e0 la diffusion de leurs \u00e9crits. Ces productions mettent en lumi\u00e8re le r\u00f4le central des supports litt\u00e9raires et m\u00e9diatiques dans la formation de contre-publics f\u00e9minins, au sens de Nancy Fraser<sup><a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/sup>, en offrant un lieu autonome d\u2019\u00e9laboration de discours alternatifs sur les femmes et par les femmes. Cette dynamique est d\u2019autant plus significative que les processus r\u00e9flexifs enclench\u00e9s par ces travaux ont conduit \u00e0 une d\u00e9finition du f\u00e9minisme dans le contexte ha\u00eftien durant cette p\u00e9riode. Marie Th\u00e9r\u00e8se Poitevin, membre de la Ligue l\u2019avait d\u00e9fini comme : \u00ab l\u2019effort coalis\u00e9 de la femme pour l\u2019am\u00e9lioration du sort de la femme \u00bb<sup><a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Cependant, cet engagement s\u2019est accompagn\u00e9 de co\u00fbts importants. L\u2019agression brutale d\u2019Yvonne Hakime-Rimpel<sup><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/sup> en 1958 illustre les risques encourus par les femmes engag\u00e9es dans la sph\u00e8re publique. Malgr\u00e9 ces violences, le lien entre litt\u00e9rature et f\u00e9minisme ne se rompt pas. Au contraire, il se transforme, notamment sous la dictature des Duvalier o\u00f9 l\u2019\u00e9criture devient un espace de r\u00e9sistance symbolique. Dans cette dynamique, l\u2019\u0153uvre de Marie Vieux-Chauvet occupe une place singuli\u00e8re. Elle articule critique politique et exploration des subjectivit\u00e9s f\u00e9minines, r\u00e9v\u00e9lant ainsi les m\u00e9canismes de domination \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la soci\u00e9t\u00e9 ha\u00eftienne, notamment dans sa trilogie <em>Amour, Col\u00e8re et Folie<\/em> et <em>Les Rapaces<\/em>. Parlant de l\u2019\u0153uvre de Vieux-Chauvet, Jo\u00eblle Vitiello explique : \u00ab Chauvet elle-m\u00eame, dont on peut lire l\u2019\u0153uvre comme une sorte d\u2019initiation des prises de conscience citoyennes, politiques et f\u00e9ministes, verra son \u0153uvre r\u00e9duite au silence<sup><a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/sup>. Si Chauvet ne participe pas directement \u00e0 une organisation [\u2026] elle recr\u00e9e la tentative d\u2019insurrection et la circulation des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires de la jeunesse ha\u00eftienne engag\u00e9e des ann\u00e9es quarante dans son premier roman <em>Fille d\u2019Ha\u00efti<\/em> (1954), mais elle construit aussi dans toute son \u0153uvre fictive des personnages de femmes qui s\u2019engagent et occupent un r\u00f4le dans la circulation d\u2019id\u00e9es \u00e9mancipatrices pour l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. Ses personnages f\u00e9minins confrontent aussi bien un pr\u00eatre vaudou qu\u2019un tortionnaire et elle nous donne \u00e0 entendre leurs voix comme leurs silences \u00bb<sup><a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Dans les d\u00e9cennies suivantes, d\u2019autres autrices prolongent cette r\u00e9flexion. Les \u00e9crits de Nadine Magloire, Le Mal de vivre (1967), <em>Le Sexe Mythique<\/em> (2014), <em>Autopsie in Vivo<\/em> (2009) et <em>Autopsie in Vivo. La suite <\/em>(2010)<em>, <\/em>introduisent la question du plaisir f\u00e9minin, ouvrant un champ encore marginalis\u00e9 dans la litt\u00e9rature ha\u00eftienne. De m\u00eame, les \u0153uvres de Paulette Poujol-Oriol (1926-2011) interrogent la prostitution et le corps des femmes dans un contexte de vuln\u00e9rabilit\u00e9 sociale. Les romanci\u00e8res telles que Marie-C\u00e9lie Agnant<sup><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a><\/sup>, \u00c9velyne Trouillot<sup><a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/sup> proposent des r\u00e9cits qui d\u00e9centrent l\u2019histoire nationale en r\u00e9habilitant les voix f\u00e9minines<sup><a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/sup>. Si, en Ha\u00efti, l\u2019articulation entre litt\u00e9rature et f\u00e9minisme prend des formes singuli\u00e8res, elle ne saurait \u00eatre envisag\u00e9e comme une exception. Elle constitue plut\u00f4t un point d\u2019entr\u00e9e heuristique pour appr\u00e9hender la mani\u00e8re dont les liens entre production litt\u00e9raire et pens\u00e9e f\u00e9ministe participent activement \u00e0 l\u2019\u00e9laboration, la circulation et la reconfiguration de ces savoirs.<\/p>\n<p>Dans les traditions europ\u00e9ennes, la litt\u00e9rature f\u00e9ministe s\u2019est constitu\u00e9e autour d\u2019une interrogation des conditions mat\u00e9rielles et symboliques de l\u2019\u00e9criture des femmes. Cette tradition a donn\u00e9 lieu \u00e0 une r\u00e9flexion continue sur les relations entre subjectivit\u00e9, langage et pouvoir. Par exemple, \u00e0 Londres, en 1929 Virginia Woolf, avec <em>Une Chambre \u00e0 soi<\/em>, met en \u00e9vidence les conditions mat\u00e9rielles de possibilit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture f\u00e9minine. En France, la publication en 1949 de <em>Le<\/em> <em>Deuxi\u00e8me sexe<\/em> <sup><a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/sup> de Simone de Beauvoir constitue un moment d\u00e9terminant. Cet ouvrage ne se limite pas \u00e0 une analyse philosophique : il participe \u00e0 une reconfiguration des cat\u00e9gories de pens\u00e9e \u00e0 partir desquelles la condition f\u00e9minine est appr\u00e9hend\u00e9e. Notons \u00e9galement, l\u2019\u0153uvre de Violette Leduc dont <em>La B\u00e2tarde<\/em> s\u2019inscrit dans le prolongement des r\u00e9flexions f\u00e9ministes port\u00e9es par ce livre. Fond\u00e9e en grande partie sur une exp\u00e9rience autobiographique, l\u2019\u0153uvre de Leduc explore les dimensions les plus intimes de l\u2019existence des femmes : le sentiment d\u2019exclusion, la honte, le d\u00e9sir, mais aussi la qu\u00eate de reconnaissance et la construction de soi. Par ailleurs, son \u00e9criture r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement la capacit\u00e9 des femmes \u00e0 r\u00e9sister aux normes impos\u00e9es et \u00e0 se r\u00e9approprier leur subjectivit\u00e9. En outre, en France, le compagnonnage entre litt\u00e9rature et f\u00e9ministe s\u2019affirme avec l\u2019\u0153uvre de Monique Wittig (1969) \u2013 th\u00e9oricienne du f\u00e9minisme lesbien \u2013notamment son roman r\u00e9volutionnaire <em>Les Gu\u00e9rill\u00e8res<\/em><sup><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/sup><em>.<\/em><\/p>\n<p>En Espagne, Lidia Falc\u00f3n et Carmen Alcalde fondent en 1976,\u00a0<em>Vindicaci\u00f3n<\/em>, \u00ab\u00a0la revue phare du f\u00e9minisme espagnol de deuxi\u00e8me vague\u00a0\u00bb<sup> <a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a><\/sup> \u00a0afin, d\u2019une part, d\u2019\u00e9crire l\u2019histoire des luttes men\u00e9es par leurs pr\u00e9d\u00e9cesseures dont le r\u00e9gime franquiste avait oblit\u00e9r\u00e9 et, d\u2019autre part, servir de lieu de transmission de cet h\u00e9ritage \u00e0 leurs contemporaines tout en donnant la voix \u00e0 leur parole. Garrido Y Saez pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0le magazine, dont le titre rend hommage \u00e0 l\u2019\u0153uvre pionni\u00e8re de la f\u00e9ministe Mary Wollstonecraft, se veut pluriel et cosmopolite puisqu\u2019une place de choix est r\u00e9serv\u00e9e aux divers courants f\u00e9ministes occidentaux\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a><\/sup>. Pour pouvoir mettre en relief cette pluralit\u00e9 et ce cosmopolitisme, son engagement s\u2019est donc d\u00e9clin\u00e9 \u00ab\u00a0sur de nombreux th\u00e8mes comme l\u2019acc\u00e8s au divorce, l\u2019\u00e9galit\u00e9 au travail ou les violences faites aux femmes\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/sup>.<\/p>\n<p>Sur le continent africain, la tradition f\u00e9ministe interroge les structures sociales telles que la polygamie ou la dot, tandis qu\u2019aux \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, elle met en lumi\u00e8re l\u2019imbrication du racisme et du sexisme. Dans la Cara\u00efbe, elle s\u2019inscrit dans une m\u00e9moire post-esclavagiste marqu\u00e9e par la violence et la d\u00e9possession. En effet, les \u00e9crits et \u0153uvres de romanciers tels Ousmane Semb\u00e8ne (1923-2007) et Abdoulaye Sadji (1910-1961) et de romanci\u00e8res telles Mariama Ba (1929-1981), Ken Bugul (1947) et Buchi Emecheta (1944-2017) amenaient des r\u00e9flexions situ\u00e9es sur la polygamie, la dot, l\u2019excision et le colonialisme. Dans ce mouvement, l\u2019essai d\u2019Awa Thiam, <em>La Paroles aux n\u00e9gresses<\/em><sup><a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a><\/sup>, a constitu\u00e9 un tournant dans la divulgation de la parole des femmes de ce continent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<\/p>\n<p>Aux Antilles comme aux \u00c9tats-Unis, les \u0153uvres des femmes noires questionnent de mani\u00e8re singuli\u00e8re leur condition inscrite dans une m\u00e9moire post-esclavagiste profond\u00e9ment marqu\u00e9e par la violence et la d\u00e9possession. En t\u00e9moignent entre autres <em>L\u2019\u0153il le plus bleu<\/em><sup><a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a><\/sup> et <em>Sula<\/em><sup><a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a> <\/sup>de Toni Morisson et <em>Les Femmes de Brewster Place<\/em> de Gloria Naylor<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Dans la Cara\u00efbe francophone, les \u0153uvres de Maryse Cond\u00e9 (1934-2024)<sup><a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a><\/sup> et Gis\u00e8le Pineau<sup><a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/sup> proposent \u00e9galement des pistes pour penser la condition des femmes dans les soci\u00e9t\u00e9s post-esclavagistes. Elles montrent que la litt\u00e9rature constitue un espace d\u2019\u00e9laboration de m\u00e9moires alternatives et de relecture critique des h\u00e9ritages historiques. Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, il convient de souligner que les m\u00e9canismes institutionnels continuent de reproduire des normes patriarcales. La litt\u00e9rature elle-m\u00eame n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ces logiques de pouvoir, ce qui rend d\u2019autant plus n\u00e9cessaire une lecture analytique des textes. Ces contributions montrent que la litt\u00e9rature f\u00e9ministe est indissociable d\u2019une analyse des syst\u00e8mes de domination inters\u00e9cants. D\u2019une part, elles mettent en \u00e9vidence le fait que l\u2019\u00e9criture constitue un espace de production de savoirs situ\u00e9s inscrit dans des contextes culturels sp\u00e9cifiques, et, d\u2019autre part, elles permettent de penser les articulations entre genre, sexualit\u00e9, race, culture et pouvoir.<\/p>\n<p>C\u2019est dans cette perspective critique que s\u2019inscrit le pr\u00e9sent num\u00e9ro de <em>Legs Litt\u00e9rature<\/em>. Lire la litt\u00e9rature \u00e0 partir d\u2019un engagement f\u00e9ministe appara\u00eet ainsi comme un levier essentiel pour reconna\u00eetre la place des femmes dans l\u2019histoire des id\u00e9es et dans le champ litt\u00e9raire. Lire et \u00e9crire les litt\u00e9ratures autrement avec un regard d\u00e9centr\u00e9 du paradigme masculin devient une urgence pour repenser le rapport \u00e0 la cr\u00e9ation et s\u2019affranchir de toutes tendances imp\u00e9riales dans l\u2019institution litt\u00e9raire. En Ha\u00efti, nonobstant le traitement magistral de la question des violences sexuelles par Justin Lh\u00e9risson<sup><a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a><\/sup> au d\u00e9but du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et plus tard de la prostitution f\u00e9minine par Jacques Stephen Alexis<sup><a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a><\/sup>, \u00ab\u00a0l\u2019histoire de la litt\u00e9rature ha\u00eftienne nous renseigne que la construction du personnage f\u00e9minin par les hommes r\u00e9pond \u00e0 des st\u00e9r\u00e9otypes et \u00e0 des constructions sociales, des id\u00e9es re\u00e7ues. [\u2026] La construction de la figure et du personnage f\u00e9minins par les hommes r\u00e9pond aux id\u00e9es h\u00e9rit\u00e9es du syst\u00e8me colonial\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a><\/sup>. C\u2019est \u00e0 juste titre qu\u2019\u00c9velyne Trouillot \u00ab\u00a0pense qu\u2019il est essentiel de rappeler que c\u2019est un combat qui a favoris\u00e9 l\u2019entr\u00e9e des femmes dans la litt\u00e9rature\u00a0\u00bb<sup><a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a><\/sup>. C\u2019est dans la continuit\u00e9 de ce combat que s\u2019inscrit le vingt-troisi\u00e8me num\u00e9ro de <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>qui entend montrer l\u2019intersection entre litt\u00e9rature et f\u00e9minisme et interroger les dispositifs d\u2019introduction et les strat\u00e9gies d\u2019op\u00e9rationnalisation du discours f\u00e9ministe dans la litt\u00e9rature afin de d\u00e9crypter la parole des femmes dans la fiction contemporaine. Il s\u2019agit de chercher \u00e0 (faire) comprendre ce que cette parole \u00e9voque et r\u00e9v\u00e8le de la condition des femmes et du monde. En quoi le f\u00e9minisme a-t-il favoris\u00e9 ou permis l\u2019\u00e9closion entre autres de nouvelles pratiques et th\u00e9ories litt\u00e9raires\u00a0? Ou encore en quoi la litt\u00e9rature a-t-elle contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019avancement du f\u00e9minisme en tant qu\u2019id\u00e9al politique\u00a0? \u00c0 partir de r\u00e9flexions priorisant des interpr\u00e9tations et examens en fonction d\u2019approches pluridisciplinaires, les contributeurs et contributrices explorent les questions \u00e0 partir de trois principaux axes.<\/p>\n<p>Le premier axe, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0<em>Litt\u00e9rature(s), f\u00e9minisme(s) et sexualit\u00e9(s)<\/em>\u00a0\u00bb, interroge la mani\u00e8re dont la litt\u00e9rature f\u00e9ministe s\u2019approprie la question sexuelle comme lieu de reconfiguration des rapports de pouvoir. Il s\u2019agit d\u2019analyser comment l\u2019\u00e9criture, en articulant exp\u00e9rience intime et fiction, construit des repr\u00e9sentations du corps qui mettent \u00e0 l\u2019\u00e9preuve les normes de genre et les r\u00e9gimes de domination. \u00c0 la crois\u00e9e des approches intersectionnelles, postcoloniales et <em>queer<\/em>, les contributions examinent les conditions dans lesquelles ces mises en r\u00e9cit participent \u00e0 la d\u00e9construction des imaginaires patriarcaux, tout en ouvrant et\/ou en questionnant de nouvelles formes de subjectivation.<\/p>\n<p>Dans le premier texte qui ouvre le volume, intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0Un f\u00e9minisme situ\u00e9 : l\u2019exp\u00e9rience intime comme r\u00e9sistance dans <em>Pers\u00e9polis<\/em> de Marjane Satrapi \u00bb, Touria Uakkas montre la mani\u00e8re dont Satrapi inscrit le r\u00e9cit autobiographique dans une perspective critique o\u00f9 s\u2019articulent enjeux f\u00e9ministes et postcoloniaux. En mobilisant l\u2019esth\u00e9tique de l\u2019intime comme dispositif politique, l\u2019\u0153uvre d\u00e9construit \u00e0 la fois les logiques patriarcales et les imaginaires orientalistes, tout en donnant \u00e0 voir des formes d\u2019agentivit\u00e9 situ\u00e9es. Elle participe ainsi d\u2019un f\u00e9minisme intersectionnel o\u00f9 l\u2019exp\u00e9rience individuelle devient le lieu d\u2019une r\u00e9flexion sur les rapports de pouvoir \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale.<\/p>\n<p>Dans le deuxi\u00e8me article, \u00ab\u00a0Fiction et f\u00e9minisme en (en)jeux\u00a0: Politique de l\u2019humour et \u00e9criture de la violence dans <em>Phallers<\/em> de Chlo\u00e9 Delaume \u00bb, R\u00e9da Bejjtit r\u00e9v\u00e8le que ce texte s\u2019inscrit dans une po\u00e9tique exp\u00e9rimentale o\u00f9 la fiction fonctionne comme un dispositif argumentatif articulant utopie f\u00e9ministe et subversion des rapports de domination. En mobilisant une esth\u00e9tique qui se nourrit de r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Val\u00e9rie Solanas, Virginie Despentes ou Ren\u00e9e Vivien, Bejjtit soutient que dans <em>Phallers<\/em> l\u2019auteure red\u00e9finit la figure de la victime et construit une sororit\u00e9 performative fond\u00e9e sur l\u2019<em>empuissancement<\/em>. L\u2019humour et la violence y sont reconfigur\u00e9s comme des op\u00e9rateurs politiques inscrits dans une logique d\u2019\u00e9mancipation radicale et de contestation des normes patriarcales.<\/p>\n<p>L\u2019article de Pierre Suzanne Eyenga Onana\u00a0qui cl\u00f4t le premier axe propose une analyse des strat\u00e9gies discursives par lesquelles le f\u00e9minisme africain d\u00e9construit la r\u00e9ification de la jeune fille ouest-africaine dans <em>Rebelle<\/em> de Fatou K\u00e9\u00efta. En mettant en \u00e9vidence l\u2019\u00e9mergence de nouvelles formes de subjectivation f\u00e9minine tout en s\u2019appuyant sur l\u2019\u00e9thopo\u00e9tique f\u00e9ministe d\u2019Alice Salom\u00e9 Ngah Ateba, le chercheur atteste qu\u2019une telle d\u00e9marche, envisag\u00e9e comme un cadre d\u2019action, n\u2019a d\u2019autre vis\u00e9e que la transformation des conditions sociales des femmes par la remise en cause des normes patriarcales. L\u2019article s\u2019organise autour de la d\u00e9construction de l\u2019essentialisme, de la r\u00e9appropriation du corps f\u00e9minin et de la red\u00e9finition du f\u00e9minisme dans une perspective de recomposition des rapports sociaux.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me axe, <em>\u00ab Fiction, genre et agentivit\u00e9 f\u00e9minine \u00bb,<\/em> scrute les modalit\u00e9s par lesquelles les \u00e9critures contemporaines construisent, d\u00e9placent et r\u00e9affirment les formes d\u2019agentivit\u00e9 des sujets f\u00e9minins dans des contextes marqu\u00e9s par des contraintes sociales, politiques et symboliques. Les contributions mettent en lumi\u00e8re des strat\u00e9gies narratives et po\u00e9tiques de r\u00e9sistance telles que l\u2019\u00e9cof\u00e9ministe, l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019exil et du trauma, la parole collective f\u00e9minine ou encore la question du d\u00e9sir face aux normes oppressives. Cet axe souligne ainsi la capacit\u00e9 de la fiction \u00e0 produire des espaces de subjectivation et de contestation o\u00f9 s\u2019\u00e9laborent des r\u00e9enchantements de l\u2019existence par la parole f\u00e9minine.<\/p>\n<p>D\u2019abord, l\u2019article de Peggy Fournier, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Vivre autrement\u00a0: l\u2019\u00e9copolitique f\u00e9ministe chez Gabrielle Filteau-Chiba \u00bb propose une lecture \u00e9cof\u00e9ministe de l\u2019\u0153uvre romanesque de Gabrielle Filteau-Chiba en appr\u00e9hendant la for\u00eat comme espace \u00e0 la fois politique, po\u00e9tique et communautaire. \u00c0 travers sa trilogie <em>Encaban\u00e9e<\/em>, <em>Sauvagines <\/em>et <em>Bivouac,<\/em> puis <em>Hexa<\/em>, cet article explore comment la fiction \u00e9rige des paradigmes alternatifs fond\u00e9s sur l\u2019immanence, l\u2019adelphit\u00e9 et la r\u00e9sistance aux logiques capitalistes pr\u00e9datrices. Structur\u00e9e autour des axes \u00ab habiter \u00bb, \u00ab r\u00e9sister \u00bb et \u00ab inventer \u00bb, l\u2019analyse souligne la port\u00e9e transformatrice de l\u2019\u00e9criture dans un contexte de crise \u00e9cologique et sociale. De son c\u00f4t\u00e9, Abdeslam El Adouni consid\u00e8re l\u2019autofiction comme espace de subjectivation f\u00e9ministe et <em>queer<\/em> dans l\u2019\u0153uvre de Nina Bouraoui \u00e0 partir de <em>Gar\u00e7on manqu\u00e9<\/em>, <em>Poup\u00e9e Bella<\/em> et <em>Mes mauvaises pens\u00e9es<\/em>. Dans sa r\u00e9flexion, le critique \u00e9tablit comment l\u2019\u00e9crivaine mobilise une \u00e9criture intime entre autobiographie et fiction pour discuter les normes de genre et de sexualit\u00e9. \u00c0 travers un \u00ab je \u00bb mouvant, la romanci\u00e8re, soutient-il, fait appara\u00eetre les modes de construction des identit\u00e9s sous l\u2019influence notamment de l\u2019histoire, la filiation et le d\u00e9sir. Partant de l\u00e0, El Adouni appr\u00e9hende l\u2019autofiction chez Bouraoui comme une d\u00e9marche pour penser un sujet fluide capable de rendre visibles les exp\u00e9riences marginalis\u00e9es.<\/p>\n<p>Sous la signature de Salma Fellahi, le troisi\u00e8me article propose une lecture du recueil <em>Je franchis les barbel\u00e9s <\/em>de Souad Labbize en d\u00e9voilant la fa\u00e7on dont une po\u00e9tique de l\u2019objet ordinaire configure une cartographie symbolique de l\u2019exil \u00e0 l\u2019intersection du mat\u00e9riel et du m\u00e9moriel. En mobilisant conjointement la sociologie des migrations et la psychanalyse du trauma, son travail \u00e9claire l\u2019articulation entre exp\u00e9rience subjective de la perte et logiques collectives de marginalisation. L\u2019\u00e9criture po\u00e9tique s\u2019y affirme d\u00e8s lors comme un espace de r\u00e9sistance et de r\u00e9\u00e9laboration identitaire, o\u00f9 une voix f\u00e9minine inscrit l\u2019exil dans une m\u00e9moire partag\u00e9e et politiquement signifiante.<\/p>\n<p>Dans un tout autre registre, privil\u00e9giant plut\u00f4t l\u2019histoire, la (socio)linguistique et l\u2019analyse textuelle, Gabriel De Tournemire compare deux \u0153uvres s\u00e9par\u00e9es de quarante-deux ans : <em>L\u2019exc\u00e8s-l\u2019usine<\/em> de Leslie Kaplan et <em>Depuis toujours nous aimons les dimanches<\/em> de Lydie Salvayre. Ces \u0153uvres s\u2019attaquent au syst\u00e8me capitaliste et s\u2019ancrent dans une exp\u00e9rience collective f\u00e9minine, tout en adoptant des formes d\u2019\u00e9nonciation originales. Si Kaplan utilise le\u00a0 \u00ab on \u00bb pour traduire une parole impersonnelle et fragment\u00e9e, Salvayre, au contraire, adopte le \u00ab nous \u00bb, pour affirmer une parole collective affirm\u00e9e, vivante et revendicatrice. Ainsi, le passage du \u00ab on \u00bb au \u00ab nous \u00bb marque, selon la chercheuse, l\u2019\u00e9volution d\u2019une parole minoritaire et impuissante \u00e0 une voix collective forte, constituant un v\u00e9ritable contre-pouvoir f\u00e9minin.<\/p>\n<p>Dans le dernier article, Nhala Zid se penche sur <em>Petit Harem <\/em>de Gaston Costa pour faire ressortir le c\u00f4t\u00e9 obscur et injuste de la religion comme syst\u00e8me oppressif qui limite et entrave la libert\u00e9 des femmes. Au prisme d\u2019une approche historico-critique qui met en relief le contexte de cr\u00e9ation et la r\u00e9ception de l\u2019\u0153uvre, Zid examine le proc\u00e9d\u00e9 narratif institu\u00e9 par l\u2019auteur pour traduire le discours f\u00e9minin et sc\u00e9nariser l\u2019engagement f\u00e9minin dans le r\u00e9cit de soi. Selon elle, l\u2019\u0153uvre de Costa s\u2019inscrit dans un processus d\u2019individuation et de lib\u00e9ration de l\u2019\u00eatre au f\u00e9minin dont le fa\u00e7onnement de l\u2019identit\u00e9 ne peut se construire qu\u2019\u00e0 travers son \u00e9mancipation et la revendication de son humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Au travers de six articles, le dernier axe questionne la mani\u00e8re dont les \u00e9critures carib\u00e9ennes, notamment ha\u00eftiennes, mettent en sc\u00e8ne des subjectivit\u00e9s f\u00e9minines confront\u00e9es aux h\u00e9ritages coloniaux, aux normes patriarcales et aux violences sociales, tout en \u00e9laborant des formes de r\u00e9sistance. Il s\u2019agit de comprendre comment, \u00e0 travers le corps, la sexualit\u00e9, la m\u00e9moire et les r\u00e9cits, ces \u0153uvres transforment l\u2019intime en espace politique, d\u00e9construisent les figures f\u00e9minines marginalis\u00e9es ou mythifi\u00e9es et explorent des strat\u00e9gies de survie et de r\u00e9appropriation de soi. D\u00e8s lors, se pose la question de savoir comment ces \u00e9critures participent-elles \u00e0 la construction d\u2019un f\u00e9minisme carib\u00e9en situ\u00e9, capable d\u2019articuler trauma, m\u00e9moire collective et \u00e9mancipation.<\/p>\n<p>Dans le premier article de la s\u00e9rie, Nad\u00e8ve M\u00e9nard, propose de voir comment la sexualit\u00e9, souvent situ\u00e9e en marge des normes sociales, participe-t-elle au \u00ab sauvetage \u00bb des personnages ? De quoi ces derniers cherchent-ils \u00e0 se lib\u00e9rer \u00e0 travers elle ? Dans son \u00e9tude ax\u00e9e sur l\u2019\u0153uvre de Kettly Mars, notamment les nouvelles \u00ab\u00a0<em>Th\u00e9o et Michel<\/em> \u00bb et \u00ab\u00a0Barbie Blues\u00a0\u00bb et les romans <em>L\u2019Heure hybride<\/em>, <em>Fado<\/em> et <em>Saisons sauvages,<\/em> M\u00e9nard cherche \u00e0 comprendre en quoi la sexualit\u00e9 comme espace intime devient-elle \u00e0 la fois un lieu de partage avec l\u2019autre et un vecteur d\u2019affirmation de la libert\u00e9 individuelle ? L\u2019article suivant s\u2019int\u00e9resse \u00e0 une expression du f\u00e9minisme carib\u00e9en, principalement dans l\u2019\u0153uvre de Gis\u00e8le Pineau, qui se d\u00e9ploie comme un espace de r\u00e9sistance, de m\u00e9moire et de transmission. Dans cette recherche, St\u00e9phanie C\u00e9lot se lance dans un vaste travail d\u2019enqu\u00eate pour appr\u00e9hender le passage de l\u2019intime au politique dans l\u2019\u00e9criture de Pineau, lieu de transformation des exp\u00e9riences du racisme et du sexisme en une m\u00e9moire collective. Consid\u00e9rant l\u2019engagement de la romanci\u00e8re comme une affirmation dans l\u2019espace collectif, C\u00e9lot questionne les modalit\u00e9s qui lui permettent d\u2019articuler subjectivit\u00e9, transmission transg\u00e9n\u00e9rationnelle et engagement collectif pour penser un f\u00e9minisme carib\u00e9en relationnel, transnational et situ\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette m\u00eame dynamique de la m\u00e9moire, Ma\u00eblle Zemirline focalise sa r\u00e9flexion sur Marie Sainte D\u00e9d\u00e9e Bazile, figure f\u00e9minine de l\u2019histoire ha\u00eftienne, pour r\u00e9v\u00e9ler le r\u00f4le du genre et la construction des mythes comme enjeux de pouvoirs dans les r\u00e9cits nationaux ha\u00eftiens. L\u2019essai de Zemirline d\u00e9voile comment Marie Sainte D\u00e9d\u00e9e Bazile, dite D\u00e9fil\u00e9e-la-Folle, est transform\u00e9e en figure symbolique dans l\u2019historiographie ha\u00eftienne au prix de l\u2019effacement de son r\u00f4le historique et de son agentivit\u00e9 politique. \u00c0 travers les textes de Massillon Coicou et Octave Petit, les r\u00e9f\u00e9rences mythologiques contribuent \u00e0 construire une image genr\u00e9e fond\u00e9e sur la faiblesse, la folie et le sacrifice f\u00e9minin, participant ainsi \u00e0 la d\u00e9politisation de son geste. La chercheuse prouve ainsi que ces repr\u00e9sentations s\u2019inscrivent dans une tension entre effacement du f\u00e9minin et tentatives contemporaines de r\u00e9habilitation de son r\u00f4le dans la construction nationale ha\u00eftienne. En proposant un compte rendu comparatif des romans <em>Humus <\/em>de Fabienne Kanor et <em>Cent vies et des poussi\u00e8res<\/em> de Gis\u00e8le Pineau, Urbain Ndoukou-Ndoukou \u00e9labore une critique des modalit\u00e9s de reconfiguration de la m\u00e9moire de l\u2019esclavage dans la litt\u00e9rature f\u00e9ministe carib\u00e9enne contemporaine \u00e0 partir du corps f\u00e9minin. Son article est int\u00e9ressant \u00e0 divers points de vue dans la mesure o\u00f9 il pr\u00e9sente les violences historiques \u2013 particuli\u00e8rement celles \u00e0 port\u00e9e sexuelle et reproductive \u2013 comme le support d\u2019une subjectivit\u00e9 f\u00e9minine empreinte de d\u00e9possession, mais aussi marqu\u00e9e par des formes de r\u00e9sistance. Consid\u00e9rant les dispositifs narratifs polyphoniques, fragmentaires et spectrales mis en \u0153uvre par Kanor et Pineau, Ndoukou-Ndoukou soutient que ce prisme leur permet de concevoir une v\u00e9ritable contre-archive f\u00e9minine dot\u00e9e du pouvoir de restituer les voix effac\u00e9es ou invisibilis\u00e9es par l\u2019histoire coloniale.<\/p>\n<p>Sous des angles diff\u00e9rents, les deux derniers articles explorent les questions de soin, de libert\u00e9 et de reconstruction de soi comme qu\u00eate, protection et reconstitution de soi. En prenant comme fil conducteur le roman <em>Breath, Eyes, Memory <\/em>d\u2019Edwidge Danticat, Sokhna Mbathio Thiaw se penche sur un examen du <em>doubling<\/em> comme m\u00e9canisme de survie face au traumatisme. Elle montre que le <em>care<\/em>, bien qu\u2019orient\u00e9 vers la protection, peut aussi perp\u00e9tuer la souffrance. \u00c0 travers trois g\u00e9n\u00e9rations de femmes de la famille Caco, elle examine des pratiques comme le <em>testing<\/em>, ainsi que les cauchemars, l\u2019intimit\u00e9, le suicide et l\u2019automutilation susceptibles de traduire une dissociation psychique li\u00e9e au traumatisme, notamment celui du viol et des normes de chastet\u00e9. L\u2019\u00e9tude rel\u00e8ve aussi que ces manifestations constituent \u00e0 la fois des r\u00e9ponses \u00e0 la douleur et des tentatives de lib\u00e9ration, r\u00e9v\u00e9lant une qu\u00eate de reconstruction et de libert\u00e9. Le dernier article, sign\u00e9 Dieulermesson Petit Fr\u00e8re et consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de Kettly Mars, s\u2019int\u00e9resse aux proc\u00e9d\u00e9s de sc\u00e9narisation du corps f\u00e9minin dans son \u0153uvre pour subvertir les normes sociales. Dans son propos, Petit Fr\u00e8re avance que l\u2019\u0153uvre de Mars constitue une plaidoirie visant l\u2019\u00e9mancipation et la lib\u00e9ration de la femme du syst\u00e8me patriarcal oppressif. Sa recherche qui se pr\u00e9sente comme un v\u00e9ritable travail d\u2019enqu\u00eate sur les h\u00e9ro\u00efnes des romans <em>Fado <\/em>et <em>Je suis vivant<\/em> d\u00e9fend la th\u00e8se selon laquelle les normes, compte tenu de leur aspect conservateur, impactent les rapports sociaux et se r\u00e9percutent sur le corps f\u00e9minin, terrain fertile de l\u2019exercice du pouvoir. En mettant le projecteur sur les formes de sexualit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans ces deux romans, l\u2019article met en exergue les formes de r\u00e9sistance adopt\u00e9es par les h\u00e9ro\u00efnes pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019h\u00e9t\u00e9ronormativit\u00e9 et reconqu\u00e9rir leur corps. \u00a0<em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Outre ces axes, le num\u00e9ro comprend trois entretiens conduits avec Sabine Lamour, Georges Eddy Lucien et George Arnauld. L\u2019entretien avec Sabine Lamour permet de saisir le lien intime entre f\u00e9minisme et litt\u00e9rature dans le contexte ha\u00eftien, tout en mettant en lumi\u00e8re son potentiel heuristique pour l\u2019analyse du social. Georges Eddy Lucien propose, pour sa part, un regard d\u2019historien sur le f\u00e9minisme en Ha\u00efti. Enfin, George Arnauld, en tant qu\u2019actrice majeure du f\u00e9minisme martiniquais et coordinatrice de l\u2019organisation Culture \u00c9galit\u00e9, revient sur ses liens de longue date avec les f\u00e9ministes ha\u00eftiennes, dans une perspective carib\u00e9enne.<\/p>\n<p>La rubrique Lectures comprend quatre comptes rendus de romans. Il s\u2019agit de M\u00e9moire errante de Jan J. Dominique, <em>Les Chemins de Loco-Miroir <\/em>de Lilas Desquiron, <em>Rosalie l\u2019inf\u00e2me<\/em> d\u2019\u00c9velyne Trouillot<em> et Americanah<\/em> de Chimamanda Ngozi Adichie. La partie Cr\u00e9ations compte cinq textes dont des po\u00e8mes de Cherlie Rivage et des extraits de la correspondance que Marie Vieux-Chauvet a entretenue en 1969 durant son exil \u00e0 New York avec la romanci\u00e8re Nadine Magloire.<\/p>\n<p>Se pr\u00e9sentant comme une exploration des dynamiques qui mettent l\u2019emphase sur la mani\u00e8re dont la litt\u00e9rature proc\u00e8de \u00e0 une sc\u00e9nographie des savoirs, des luttes et de la pens\u00e9e f\u00e9ministes, ce num\u00e9ro de <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>offre une vision \u00e9tendue pour comprendre les diverses facettes du ou des f\u00e9minismes dans son rapport avec l\u2019ordre politique dominant. Les diff\u00e9rentes contributions proposent \u00e0 partir de perspective unique fournie par le texte litt\u00e9raire des cl\u00e9s pour comprendre la complexit\u00e9 des liens entre le politique, le v\u00e9cu et le discours f\u00e9ministes. Le corps f\u00e9minin \u00e9tant le lieu par excellence de r\u00e9percussion du politique, il importe de s\u2019interroger sur les formes de r\u00e9sistance et les strat\u00e9gies d\u2019opposition susceptibles d\u2019\u00e9clater les cadres id\u00e9ologiques r\u00e9pressifs incarn\u00e9s par le politique. C\u2019est dans ce cadre que s\u2019inscrit ce volume sur le compagnonnage du texte litt\u00e9raire et de la pens\u00e9e f\u00e9ministe, mettant ainsi \u00e0 notre disposition des outils essentiels pour d\u00e9chiffrer la nature de la condition humaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Sabine Lamour, Ph.D et Dieulermesson Petit-Fr\u00e8re, Ph.D<\/strong><\/p>\n<p>__<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Rapha\u00ebl Baroni et Antonio Rodriguez, \u00ab La lecture, les formes et la vie\u202f: Entretien avec Marielle Mac\u00e9 \u00bb, <em>\u00c9tudes de lettres<\/em>, n<sup>o<\/sup>1, 15 mars 2014, p. 166. Consult\u00e9 le 9 mai 2023. &lt;https:\/\/doi.org\/10.4000\/edl.619&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Ibid., p. 166.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Marielle Mac\u00e9, <em>Fa\u00e7ons de lire, mani\u00e8res d&rsquo;\u00eatre, <\/em>Paris, Gallimard, 2022, p. 24.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Cf. Mario Vargas Llosa, <em>\u00c9loge de la lecture et de la fiction<\/em>, Paris, Gallimard, 2011. Dans ce texte qui est son discours de r\u00e9ception du Prix Nobel de litt\u00e9rature prononc\u00e9 \u00e0 Stockholm, le 7 d\u00e9cembre 2010, il a mis l\u2019accent sur les pouvoirs de la lecture et de l\u2019\u00e9criture, donc de la litt\u00e9rature, et les moyens qu\u2019elle offre pour s\u2019attaquer \u00e0 l\u2019obscurantisme et les r\u00e9gimes oppressifs, sa mani\u00e8re de contribuer \u00e0 la construction et le fa\u00e7onnement d\u2019un art de vivre. \u00c0 la page 17 de son essai, il affirme que \u00ab\u00a0la litt\u00e9rature cr\u00e9e une fraternit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la diversit\u00e9 humaine et \u00e9clipse les fronti\u00e8res \u00e9rig\u00e9es entre hommes et femmes par l\u2019ignorance, les id\u00e9ologies, les religions, les langues et la stupidit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cf. Sabine Lamour, <em>Imaginer le f\u00e9minisme ha\u00eftien\u00a0: enjeux th\u00e9oriques et \u00e9pist\u00e9mologiques<\/em>, Port-au-Prince, Editions Charesso, 2025.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. Barbara Christian, \u00ab The Race for Theory \u00bb,<em>Feminist Studies<\/em>, vol. 14, n\u00b01, Spring 1988, pp. 67-79.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> il \u00e9tait interdit aux femmes et les esclaves d&rsquo;\u00e9tudier la m\u00e9decine pour devenir m\u00e9decins ou sages-femmes. Contre toute attente, Agnodice a pu trouver le moyen d\u2019enfreindre cette r\u00e8gle. En se travestissant en homme, elle a pu \u00e9tudier et pratiquer la m\u00e9decine jusqu\u2019\u00e0 obtenir sa notori\u00e9t\u00e9 et porter les l\u00e9gislateurs \u00e0 modifier la loi en levant l\u2019interdiction.\u00a0 Cf. H\u00e9l\u00e8ne Soumet, <em>Insoumises et conqu\u00e9rantes &#8211;\u00a0Travesties pour changer le cours de\u00a0l&rsquo;Histoire<\/em>, Paris, Dunod, 2021, pp. 82-88.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Henriette Harich-Schwarzbauer, \u00ab Hypatie d\u2019Alexandrie \u00bb, <em>Clio, <\/em>n<sup>o<\/sup>35, 2012, [en ligne], 1<sup>er<\/sup> mai 2014. Consult\u00e9 le 12 avril 2026. &lt;http:\/\/journals.openedition.org\/clio\/10575 ; DOI : https:\/\/doi.org\/10.4000\/clio.10575&gt;<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Madeleine Sylvain-Bouchereau, <em>Ha\u00efti et ses femmes. Une \u00e9tude d\u2019\u00e9volution culturelle,<\/em> Port-au-Prince, Fardin, 1957, p. 87.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Myriam J. A. Chancy, <em>Framing Silence: Revolutionary Novels by Haitian Women<\/em>, Rutgers University Press, 1997.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Nancy Fraser, <em>Qu\u2019est que la justice sociale<\/em>, Paris, La d\u00e9couverte, 2011.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Marie Th\u00e9r\u00e8se Poitevin, \u00ab\u00a0Le f\u00e9minisme\u00a0\u00bb, Frantz Voltaire (\u00e9d.),\u00a0<em>Pouvoir noir en Ha\u00efti<\/em>, Montr\u00e9al, CIDIHCA, 1946, pp. 313-314.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Cf. Jasmine Claude Narcisse, \u00ab Femmes d\u2019Ha\u00efti\u202f: Yvonne Hakim-Rimpel \u00bb, <em>Ha\u00efti Culture<\/em>, 2005. Consult\u00e9 le 25 mars 2022. &lt;https:\/\/www.haiticulture.ch\/yvonne_hakim-rimpel.html&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Pour une version d\u00e9taill\u00e9e de l\u2019histoire de la publication et de la disparition de la trilogie de Marie Vieux Chauvet, <em>Amour, Col\u00e8re, Folie<\/em>, consulter l\u2019article de Thomas Spear, \u00ab Marie Chauvet: The Fortress Still Stands. \u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Jo\u00eblle Vitiello,\u00a0 \u00ab\u00a0Le bruit des femmes ha\u00eftiennes\u00a0: \u00e9crivaines et militantes\u00a0\u00bb, <em>Women in French Studies<\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, 2019, p. 216. &lt;https:\/\/repository.lib.fsu.edu\/islandora\/object\/fsu:722937\/datastream\/PDF\/view&gt; consult\u00e9 le 10 avril 2026.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Marie C\u00e9lie-Agnant, <em>Femmes au temps des Carnassiers<\/em>, Montr\u00e9al, Remue-M\u00e9nage, 2015.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00c9velyne Trouillot, <em>Rosalie l\u2019inf\u00e2me, <\/em>Paris, Dapper<em>, <\/em>2003\u00a0; <em>D\u00e9sir\u00e9e Congo, <\/em>Port-au-Prince,\u00a0L\u2019Imprimeur II, 2020 et <em>Sara Sans-Souci<\/em>, Montr\u00e9al, CIDIHCA, 2025.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u00c0 noter que Kettly Mars et Marie-C\u00e9lie Agnant ont particip\u00e9 et contribu\u00e9 par leur engagement aupr\u00e8s du centre de recherches ha\u00eftien sur les femmes, Enfofanm. (Vitiello, 2019).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Delphine Gardey, Monique Meron, \u00ab\u00a0Re-lire <em>Le Deuxi\u00e8me Sexe <\/em>de Simone de Beauvoir\u00a0\u00bb, <em>Travail, genre et soci\u00e9t\u00e9s<\/em>, n\u00ba 20, vol. 2, 2008, pp. 151-153. &lt;<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/tgs.020.0151\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/tgs.020.0151<\/a>&gt;. Consult\u00e9 le 14 d\u00e9cembre 2024.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Monique Wittig, <em>Les gu\u00e9rill\u00e8res<\/em>, Paris, Minuit, 1969.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Victoria Garrido y Saez, \u00ab\u00a0\u00c9crire pour reconqu\u00e9rir son corps Le discours de l\u2019intime dans la revue espagnole <em>Vindicaci\u00f3n Feminista<\/em>\u00a0\u00bb, <em>Cahiers Sens public<\/em>, n\u00b0 30, 2022, p. 226.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Ibid., p. 230.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Ibid.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Awa Thiam, <em>La paroles aux n\u00e9gresses<\/em>, Paris, Deno\u00ebl, 1978.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Toni Morisson, <em>L\u2019\u0152il le plus bleu <\/em>[trad. Jean Guiloineau]<em>, <\/em>Paris, Christian Bourgeois, 1994. [<em>The Bluest Eye<\/em>, 1970].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Toni Morisson, <em>Sula <\/em>[trad. Pierre Alien]<em>, <\/em>Paris, Christian Bourgeois, 1992. La version originale est parue en 1973.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Gloria Naylor,<em> Les Femmes de Brewster Place<\/em> [trad. Claude Bourguignon], Paris, Belfond, 1987. [<em>The Women of Brewster Place<\/em>, 1982]<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Maryse Cond\u00e9, <em>La parole des femmes : essai sur les romanci\u00e8res des Antilles de langue fran\u00e7aise<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 1979.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Gis\u00e8le Pineau, <em>Morne Capresse<\/em>, Paris, Mercure de France, 2008.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Cf. Justin Lh\u00e9risson, <em>Zoune chez sa ninnaine, <\/em>Port-au-Prince, Fardin 1993.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Jacques Stephen Alexis, <em>L\u2019Espace d\u2019un cillement, <\/em>Paris, Gallimard, 1959.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> W\u00e9bert Charles, \u00ab\u00a0\u00catre femme au temps des dictatures\u00a0\u00bb, <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>n<sup>o <\/sup>3, 2013, p. 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Dieulermesson Petit Fr\u00e8re, \u00ab\u00a0La persistance de l\u2019\u00e9criture. Entretien avec \u00c9velyne Trouillot\u00a0\u00bb, <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>n<sup>o<\/sup>3, 2014, p. 108.<\/p>\n<p>__<\/p>\n<pre>Pour citer cet article : Sabine Lamour, Dieulermesson Petit Fr\u00e8re, \u00ab Litt\u00e9rature et f\u00e9minisme : quel(s) regard(s) ? \u00bb, <em>Legs et Litt\u00e9rature <\/em>n<sup>o<\/sup>23, 2026, pp. 7-22.\n<\/pre>\n<p>Lire la pr\u00e9sentation sur Fabula,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.fabula.org\/actualites\/134391\/legs-et-litterature-n-23-feminisme-s-et-litterature-s-dir.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CLIQUER ICI<\/a><\/p>\n<p>Pour acc\u00e9der au sommaire, <a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/sdc_download\/9646\/?key=s01vraw3f0qjwiabobofjl39z99546\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CLIQUER ICI<\/a><\/p>\n<p>Pour consulter la bio-bibliographie des contributeurs, <a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/sdc_download\/9647\/?key=enwh4ntndejgzl94qkgdeyoqku1olc\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">CLIQUER ICI<\/a><\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/sdc_download\/9628\/?key=339imd1or4dku83k44d8izwgpgurfv\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lire l\u2019\u00e9ditorial au format PDF<\/a> :<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-pdf-viewer-block-standard\" style=\"text-align:left\"><div class=\"uploaded-pdf\"><a href=\"https:\/\/legsedition.net\/public\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/Editorial-legs-et-litterature-23_Extract-Website.pdf\" data-width=\"\" data-height=\"\"><\/a><\/div><\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019articulation entre f\u00e9minisme et litt\u00e9rature constitue aujourd\u2019hui un champ central de r\u00e9flexion dans les \u00e9tudes critiques, notamment dans les contextes postcoloniaux. 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