Auteur : James Stanley Jean-Simon
Titre : Dans la fêlure de nos oublis
Collection : Poésie
Illustration de couverture : Sergine André
Date de parution : 9 novembre 2026
On n’oublie jamais rien, on vit avec.
Hélène Segara et Laura Pausini.
Que reste-t-il de l’amour quand l’oubli dispute aux souvenirs la part intime une fois les dés jetés ? Peut-on encore aimer quand le départ ou la rupture frappe soudain à nos portes ? Dans la fêlure de nos oublis de James Stanley Jean-Simon met en relief le côté à la fois sombre et lumineux de toute histoire d’amour déchirée par la cassure. On aime mieux à la suite d’un chagrin d’amour plutôt qu’après un coup de foudre. Les oublis sont trop fragiles pour impacter le fait d’aimer ou se substituer à l’acte d’amour qui vit à coup de souvenirs. C’est tout au moins ce que semblent évoquer les poèmes de ce recueil profondément intimiste.
L’amour chez Jean-Simon est une impasse. Il ne prend sa source que dans les quartiers de l’oubli. Le poète construit toute une géographie du corps et de l’espace pour donner forme à cet amour et le garder vivant tel un objet capable de résister au temps, aux tempêtes et aux intempéries, voire la mort. Nombre de poèmes d’amour de la littérature s’attardent souvent au corps de la femme pour esthétiser la sensualité, la prose poétique de Jean-Simon fait de l’accessoire un motif pour faire éclore le sentiment amoureux.
Poésie du rêve, poésie du voyage inventé ou du bonheur réinventé, Dans la fêlure de nos oublis de James Stanley Jean-Simon est un hymne à l’être aimé qui dit jusqu’à l’ivresse la mémoire des amours perdues et la moisson du temps à venir.
Point de vue de l’éditeur.-
[Extrait 1]
Correspondances
Mon poème est
Une plage
Où se brise une vague
en métaphores liquides
Chaque mot targuant la page
Des gouttes qui tachent le temps
Pour noyer le silence
Dans les cordes qui pleuvent
trempe jusqu’aux rêves la ville
Il y a ton corps
qui voyage
Et me transperce
la vie
De traits en pointillé
Et de distance opaque
Il y a ton corps
qui habite la nuit
dans le clair rêve du jour
Ton corps m’habite encore
Est plus bleu notre amour
Et plus beau qu’un ciel d’août
[Extrait 2]
L’apostrophe qui scinde…
Tu es l’apostrophe
qui traîne silencieuse sur la page
à rapprocher les mots
Le destin fragile de nos attentes
L’apostrophe
Qui tictaque
Voilà ton cœur-horloge
l’aiguille marquant les heures
À racoler le jour
Et le parfum de nos secrets
Cette rivière en course solitaire
sous le pont de nos amours en berne
donnant main à l’absence
Tu es l’apostrophe qui scinde
Le mince fil qui racole le silence
À retaper le vent
Quand la nuit crache le plomb
Et délaisse un corps
Dans les rues de ma ville
La saison pue la mort
Tu es l’apostrophe en manque
sur nos bouches orphelines
Quand nos lèvres imparfaites ne bouffent plus l’amour
Le jour est une saison absente
Les mots flânent solitaires
[Extrait 3]
Tu liras ce poème…
Tu liras ce poème
Si au hasard des mots cernés d’aube
La métaphore au silex vient à
Faire saigner
la couleur nue de mes artères
Tu liras en épitaphe ces mots troués
d’absence
Et d’espérance mort-né
Qui viennent fondre en provisoire
Sur le chemin
Sur mon corps en pâture
l’éternité en cage
Tu dessineras le temps qu’il reste au songe
À faire le tour de la nuit
Tu liras ce poème
Et ces vers qui hachurent l’arrogance
Et la voix rauque des rafales
Tu liras que vivre est faire corps
Un jour avec un linceul
Et tu déposeras ces vers aux lettres de vent
Qui diront peut-être au passant
L’étendue de la route
Partout où tu liras ce poème
Entre les blancs
Tu y liras désir fou d’eau fraîche
Et un peu d’amour
Peut-être l’issue sur quoi butera ton chemin